Il habite devant l'arrêt du bus.
À l'approche du bus, il s'est approché d'une fenêtre.
À la descente des passagers, il à écarté le rideau, il a dévisagé chacun d'eux.
Il a eu l'air triste, déçu.
Il a laissé retomber le rideau.
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jeudi 10 mars 2011
vendredi 28 janvier 2011
Bulldog
Il a de grandes oreilles décollées qui retombent de toute leur lourdeur.
Il a les joues flasques d'un homme qui a minci trop et trop vite, retombant sur une bouche dont les commissures ont une légère tendance à s'affaisser elles aussi, entraînées qu'elles sont par les joues. La lèvre inférieure plus grosse que sa comparse, qui semble d'ailleurs l'avaler en permanence tant elle prend de la place.
De petits yeux noirs et très peu de sourcils, mais ils sont froncés, méchants. Des lunettes rondes qui rapetissent les yeux.
Du gris sur presque tout le visage, comme de la barbe envahissante, mais mal rasée. Le reste est à l'ombre d'une casquette, donc gris de toutes façons.
Il n'a pas l'air commode en tous cas.
Il a les joues flasques d'un homme qui a minci trop et trop vite, retombant sur une bouche dont les commissures ont une légère tendance à s'affaisser elles aussi, entraînées qu'elles sont par les joues. La lèvre inférieure plus grosse que sa comparse, qui semble d'ailleurs l'avaler en permanence tant elle prend de la place.
De petits yeux noirs et très peu de sourcils, mais ils sont froncés, méchants. Des lunettes rondes qui rapetissent les yeux.
Du gris sur presque tout le visage, comme de la barbe envahissante, mais mal rasée. Le reste est à l'ombre d'une casquette, donc gris de toutes façons.
Il n'a pas l'air commode en tous cas.
dimanche 2 janvier 2011
Tableau
Des vêtements étalés par terre et sur un banc.
Un sac poubelle vert bouteille, un sac réutilisable à sa droite. Des deux sortent quelques vêtements, une peluche et quelque objet, comme vomis, recrachés de ses sacs ouverts au sol de la station de métro.
Un manteau marron sous tout ce bardas.
Une grosse peluche blanche de forme impossible sur le banc au dessus du sac réutilisable.
Une bouteille de cidre à l'arrière, à droite, dont dépasse le goulot de cette colline de tissus.
Au dessus de la bouteille, sur le banc, un beau verre à vin, à moitié plein (ou vide) de la boisson.
À côté du verre, un paquet de cigarette ouvert, vide, et un stylo.
Pas de propriétaire en vue, ni homme ni femme qui semble couver ces biens du regard de près ou de loin.
Que des spectateurs de ce tableau insolite.
Et des questions, visibles dans le regard des gens.
jeudi 1 juillet 2010
Les yeux du bonheur
Elle est heureuse. Le sourire et les yeux le crient.
De la tendresse et du bonheur, voilà ce qu'elle respire. La chaleur du métro et la masse de monde n'ont aucune tangibilité dans ce moment.
Sa petite fille à côté d'elle lui parle avec animation. Comme elle n'entend pas bien, elle doit se pencher vers elle, la faire répéter parfois quand cela n'a pas suffit. Elle comment ce qu'elle a compris, et sa petite fille rit, répond, et semble clairement partager la joie de cette complicité. En la regardant rire, la vieille sourit, et ses yeux débordent d'affection.
Elle a les mains qui tremblent, alors, pour ne pas que ça se voit trop, elle les agite beaucoup en parlant, parfois elle replace ses cheveux, ou une mèche de ceux de cette belle jeune fille à côté d'elle (mèche qu'elle regarde retomber sans s'offusquer), ou elle tripote son collier, mais elle pose rarement ses mains sur ses jambes. On pourrait s'inquiéter pour elle si l'on voyait.
Les yeux bleus, les pattes d'oies à leurs coins, les joues pleines, le reste du visage peu ridé. Et le sourire timide et doux. Comme si elle ne voulait pas trop afficher son bonheur de partager ce moment avec cette jeune fille pour ne pas la gêner dans son bonheur à elle. Mais retenir son sourire fait exploser le bonheur par ses yeux. Charmant.
jeudi 13 mai 2010
Prof Adams
Elle n'a que deux tenues possibles.
La tenue la moins fréquente, c'est un jean avec une chemise bleue ou violette. La chemise toujours rentrée dans le pantalon. Ceinture noire, à boucle dorée.
Mais le plus souvent, elle porte une robe. Noire. Col rond, et près du cou. Un bandeau de velours noir juste sous la poitrine. En dessous de ce bandeau, des plis se forment, et la robe tombe ainsi jusqu'aux genoux. Madame porte des collants foncés plus ou moins épais selon le temps.
Les chaussures, elles, pour parler de ce que l'on voit au bout de ces "deux queues de cerises" (de Valérie), consistent en des bottines à talon en cuir marron naturel, lorsqu'elle porte son jean, ou en des ballerines noires vernies, avec une boucle dorée sur le dessus.
Cheveux noirs, constamment coiffés en demi-queue.
Lèvres rouges, mais un rouge éteint: le rouge à lèvres fait naturel.
Le fard à paupière est inlassablement d'un violet rosé. Ses yeux sont bleu gris. Elle met du mascara.
Elle a le visage qui vieilli. Elle ne fait pas encore vieille, mais elle a des rides, et elle semble ne pas sourire très souvent, l'air de trouver tout compliqué.
Elle a des mains comme des "serres en devenir" (de Valérie aussi). Les ongles, toujours longs, peints, parfois en rose pâle, parfois en noir, le plus souvent en marron foncé. Une bague au majeur de la main gauche, un anneau à celui de la main droite.
Je ne sais pas si vous voyez le portrait, mais vous comprendrez que ce n'est pas si facile de suivre un cours naturellement compliqué quand on a un portrait proche de la mère de la famille Adams devant soi pendant deux heures chaque semaine. Nous nous sommes forcément demandées (Valérie et moi) pourquoi sa garde robe était si restreinte. Nous savons maintenant combien gagne un prof, et nous savons qu'elle n'est pas simplement chargée de cours. L'hypothèse de Valérie est qu'il s'agit d'une robe Yves St Laurent, et qu'elle a donc hypothéqué le reste de sa garde robe pour s'offrir celle-ci. Pour ma part, je ne comprends simplement pas.
D'autant que, ne trouvez-vous pas qu'il s'agit d'une inconscience profonde, ou de masochisme, d'être prof dans une fac où il n'y a que des tableaux noirs et de la craie, et de persister à s'habiller en noir, alors que TOUS les profs s'adossent au tableau à un moment ou un autre?
vendredi 2 avril 2010
Le vieux
Pantalon à pinces bleu marin, très foncé.
Chaussures noires simples à lacets. Chaussettes noires.
Chemise blanche. Cravate bleu-gris.
Surtout marron foncé.
Lunettes carrées, grandes, aux bordures argentées.
Sourcils fournis, cheveux aussi, avec toutes les teintes du blanc au noir.
Grand front assez ridé.
Des tâches de rousseurs...
... Et après s'être passé les doigts sur la figure, après avoir hésité, il met ses mains dans les poches de chaque côté de son surtout, et il en sort, de la main gauche un paquet de tabac, de la main droit une belle pipe. Tuyau noir ébène, tête marron tacheté.
Il la bourre, et après l'avoir humée, il la range. Pour plus tard.
Vague impression de déjà vu.
jeudi 18 mars 2010
Compagnon
Il me regarde depuis plusieurs semaines du coin de ma chambre, dans l'ombre, là bas. À l'endroit où le toit rejoint les murs. Je l'y ai lancé. Non pas que je le voulais loin de moi, au contraire! Mais il fallait que nous soyons suffisamment séparés pour que je puisse l'oublier un peu. Pour que je puisse me concentrer sur ce que j'ai à faire. Pourtant, mon dos ne rêve que de sentir son poids. Mes épaules aspirent à sentir les courbatures naître de le transporter. Mes pieds veulent sentir cette masse les enfoncer dans la terre. Mes jambes veulent sentir l'effort de le soutenir.
Car je le veux bien rempli, bien lourd.
Alors, pour qu'il ne soit pas trop fâché quand j'aurai besoin de lui, je lui fais les yeux doux certains soirs. Parfois, je le porte presque vide, juste pour le sentir, comme pour une répétition à demi costumée, lorsqu'un comédien ne met que les accessoires importants de son habit.
Je lui raconte les endroits où je l'amènerai s'il m'est fidèle, s'il tient le coup. Il sait que je ne serai pas tendre avec lui, mais il sait que je l'ai choisi pour cela, parce qu'il est résistant. Il est prêt à vivre l'imprévu, à affronter l'inconnu.
Et comme mon sac, je veux que mes souvenirs pèsent plus tard.
Parce que l'aventure, ça se transporte.
Parce que la liberté a un poids malgré tout ce qu'on croit.
mercredi 10 mars 2010
l'Assurance
Il vit dans la séduction.
Non pas dans la drague, parce que c'est un homme sérieux. Mais il aime plaire, c'est important pour lui.
D'abord, il est toujours bien habillé. Rien n'est négligé, laissé au hasard. Les couleurs sont toujours bien assorties, et elles lui vont bien. Le style est simple, mais classe, élégant. La coupe des vêtements lui va toujours parfaitement, il n'a pas un jean qui lui aille moins bien qu'un autre. Le négligé ne fait pas partie de sa garde-robe, ou pas en public, le terme fait-il seulement partie de son vocabulaire?
Son comportement va de pair.
Il est sûr de lui. Il sait que pour séduire, il est nécessaire de dégager une certaine confiance en soi. Il n'a pas l'air orgueilleux, juste assuré.
Avec une fille, il sera toujours charmant, toujours serviable, souriant avec la petite pointe d'humour pour la mettre à l'aise.
Avec un homme, la poignée de main est énergique, le sourire plus franc, l'humour toujours présent, et la serviabilité aussi, mais pas de la même façon, de façon plus masculine, en somme.
Avec un supérieur, ou un employeur, son assurance lui permet de rassurer celui-là: "je suis bien l'homme de la situation".
Il prend le temps pour les gens, mais quand la personne ne l'intéresse pas, son regard le montre très vite, et le sourire devient plus hypocrite, ou se tait. Au contraire, lorsque la personne en face de lui lui est sympathique, le sourire est plus franc, et le rapport de séduction qui s'imposait au début s'estompe (mais ne disparait jamais).
Au fond, il n'est pas si sûr de lui. Il n'a pas pleine confiance, il doute souvent. Mais il connait sa valeur, et il connait les gens. Il sait que le meilleur moyen, et le plus direct, de plaire à une tierce personne, c'est ce sourire simple qui manque si souvent aux inconnus, sans air d'hypocrisie, mais sans trop se donner non plus. La séduction sans s'engager.
Sourire pour donner un air d'assurance qui nous protège, sourire pour ne pas avoir l'air de douter.
samedi 6 mars 2010
Un sourire pour changer
Manteau kaki.
Cheveux bouclés, de gris-foncé à blanc.
Des sourcils en accent circonflexe légèrement froncés.
De grosses lunettes carrées, les coins arrondis. Monture fine, grise.
Il me dévisage comme si j'avais fait quelque chose de mal. Grands yeux inquisiteurs qui reviennent sur moi très souvent. Surtout depuis que j'ai sorti mon carnet.
Nez long, droit.
La bouche fine, tendue, une perpétuelle grimace de désapprobation. Sévère.
Chaque regard me semble un jugement négatif.
Ses joues tombent un peu.
On ne voit pas d'autres rides. Le bord des yeux est caché par la monture des lunettes et son ombre. Les cheveux tombent en boucles éparses cachent le front.
Il a de grandes oreilles, dont le haut disparait dans ses boucles.
Le menton carré, mais bien proportionné. Le fait qu'il soit juste un peu en avant ajoute à l'air sévère.
Pourtant, il a souri en regardant un groupe de touristes. Sont visage s'est éclairé, adouci. Il avait l'air gentil.
mercredi 24 février 2010
Un jour (pas) comme les autres
Une journée normale, qui n'est qu'un jour parmi les autres de l'année. Pourtant quand on se réveille, on sait que cette journée est sensée être un peu différente.
Il pleut, comme tant d'autres jours de l'année. Mais c'est la première fois qu'il pleut aussi fort depuis que la neige a cessé.
Il fait plus doux. Ce Jour, pour moi, coïncide souvent avec une senteur de printemps assez agréable. De toutes façons, quel que soit le temps, quel que soit la façon dont la journée se présente, nous sommes convaincus, au fond de nous, qu'elle finira bien. Elle DOIT bien finir, sinon elle n'a pas d'intérêt à être.
Pourtant, la journée commence comme les autres. Je court pour attraper son train, je va être en retard à son cours. Je est fatiguée, et aurait voulu rester chez elle.
Pourtant, elle se prend à sourire en regardant les gens courir. Elle décide que malgré la pluie, malgré le risque grandissant de rater le dernier train qui la mettrait juste quelques minutes en retard au cours, elle ne courra pas, elle prendra son temps, alors elle ralentit le pas. Aujourd'hui, elle a le droit.
Durant la journée, Je se fond dans la masse, comme les autres jours, peut-être même plus que les autres jours. Une pensée narcissique la pousse à se dire que personne ne pourra savoir que c'est son anniversaire, sauf si d'autres le disent, ce qu'elle aimerait bien, mais soyons réalistes, quand même.
Ce jour, elle laissera son mobile en vibreur, elle le regardera bien plus souvent que d'habitude, et elle aura chaque fois un petit sourire quand elle verra un nouveau message arrivé.
Ce jour, elle pensera à ce qu'elle a fait cette année passée. Et l'année est encore passée, trop vite, bien trop vite. Mais au moins, depuis un bon nombre de mois, elle s'amuse, elle profite. Alors elle sourit encore, parce qu'elle peut être fière d'elle, tout de même.
Pendant la journée, elle pensera à elle, à ce qui lui ferait plaisir pour le diner, à ce qu'elle voudrait dans l'année à venir, à comment sera la journée avec les amis. Pour le diner, le menu est choisi, il ne reste qu'à cuisiner, et c'est les mains dans la pâte à crumble, ou en éminçant les champignons, qu'elle réfléchira sur l'année à venir, aux voyages qu'elle veut faire, aux moments où elle pourrait les planifier... Elle pense aussi à son retour près de ses soeurs, près de sa famille, de ses amis qu'elle ne voit presque plus depuis 3ans. Elle pense alors à ceux qu'elle ne verra presque plus pendant toutes les années à venir. Pourquoi encore cet océan? Pourquoi ces kilomètres? Mais elle a fait son choix. Elle rentrera. Pour un temps. Mais elle repartira. Elle ne sait pas quand, ni où, mais il faudra qu'elle reparte. Elle en rêve.
Elle pense qu'avoir 21 ans, c'est encore avoir la vie devant soi. Mais quand on regarde en arrière, quand on voit que ces quatre dernières années sont passées vite, si vite... Alors la vie risque d'être courte. Trop courte pour tout faire, tout voir, c'est certain.
Elle sourit en pensent qu'elle n'a jamais aimé faire des choix. Petite, elle ne voulait pas dormir pour ne pas rater un évènement, elle ne pouvait pas choisir entre une activité ou une autre. À 21 ans, le problème est toujours là, mais elle peut raisonner, choisir, décider de ce qu'elle préfèrerait parmi tout cela. Le choix est toujours difficile par contre, et classer toutes les envies par priorités... c'est faire des sacrifices vraiment difficiles!
Le repas a l'air réussi, le dessert semble succulent, l'oncle est arrivé avec des roses et un gros bisous. Les autres sont arrivés, ils sont passés à table. Elle a parfaitement tout dosé, un peu léger peut-être, mais au moins ce n'était pas trop. La conversation lui a rappelé que les gens sont toujours les mêmes, malgré que ce soit notre anniversaire, les sujets sont les mêmes, les gens ne sont pas différents, leurs idéaux n'ont pas de raison de changer. Alors Je prend plaisir à ce que les gens aiment le repas, et à ce qu'ils soient venus pour elle. Simplement.
En fin de soirée, après que tout le monde soit parti, elle a pris le temps d'aller lire tous les messages qu'elle a reçus, elle a encore souri de voir qu'il y a des gens qui pensent à elle, et que ce sont des gens à qui elle pense, que tous ces gens-là comptent pour elle. Il y en a d'autres qui comptent, et qui n'y ont pas pensé, mais elle n'y peut rien, cela fait un vide, mais elle n'atténuera pas à cause de ceci la beauté de ceux qui sont là, qui y pense. Elle oubliera elle aussi.
Elle a appelé un ami avant de se coucher.
Elle s'est couchée le sourire aux lèvres, le merci au coeur.
Le futur l'appelle.
vendredi 5 février 2010
Aux pieds de la Dame de Fer
Y'a des mecs qui sont payés à passer tout leur temps de travail à suivre d'autres mecs dont le boulot est de vendre des tours Eiffel miniatures.
Pourquoi? Bah... J'sais pas. J'ai beau retourner la question dans tous les sens, je ne trouve pas de bonne raison. Peut-être que celle qu'ils nous donneraient, officiellement, c'est que, si on laisse ceux-là, d'autres s'ajouteront et ce s'ra pu gérable.
Quelle image ça donne? Une image plutôt amusante si vous aimez le cynisme... Ils me font penser à une grosse bande de pigeons dans laquelle s'élance un chien (petit, gros; peu importe aussi ses intentions). Vous verrez d'abord les pigeons chercher à s'éloigner le plus possible en prenant la direction opposée à celle par laquelle le chien arrive. Et puis, si le chien arrive trop vite, les pigeons s'envoleront dès qu'ils se sentiront vraiment menacés. Bah, les p'tits vendeurs de T.Eif., c'est la même... sauf qu'ils volent pas: ils courent. Chose amusante: tout comme les pigeons qui reviennent au même endroit, exactement, parce que c'est une bonne planque "casse-croute", les p'tits vendeurs, eux, reviennent aussi! La différence, c'est que le pigeon fait ça en 30 secondes, alors que, les p'tits blacks, ils doivent prendre le temps de s'assurer que les flics sont pu là... alors c'est plutôt 4-5 minutes.
L'image est peut-être moins drôle si on considère que ces mecs (Blancs en général... je n'en ai pas encore vu un noir) en bleu marin qui courent après ces mecs (Noirs, ou bazanés genre Pakis) porteurs de sacs "Franprix" et de gros anneaux chargés de mini-T.Eif., ces mecs en bleu ne veulent qu'une chose: leurs "papiers s'il vous plait" ou leur "je les ai pas avec moi m'sieur", surtout. S'ils voulaient simplement les éloigner des touristes... ils ne leur courraient pas derrière aussi loin, si?
Au fait...
Savez-vous comment distinguer un Noir "légal", Touriste, au pied de la tour Eiffel d'un Noir Vendeur? Bon, hormis l'attirail de tours miniatures!!
C'est simple, lorsque le Touriste arrive, qu'il soit blanc, black ou vert à petits pois, il lève la tête et pousse une sorte de soupir accompagné d'un plus ou moins vague sourire (certains explosent de joie... allez savoir!). Le Touriste est soit seul, soit en petit comité. Le Vendeur, lui, regarde sans arrêt à droite, à gauche, c'est à se demander s'il a jamais levé les yeux vers l'antenne de cette Dame de Fer. Il se déplace de Touriste en Touriste, il marche vite, relativement à la moyenne des promeneurs, et il regarde toujours partout. Le Vendeur est un animal de bande: ils sont beaucoup, vraiment beaucoup. Ils fuient ensemble, le premier qui repère les meutes de chiens avertissant immédiatement les autres. Ils reviennent aussi ensemble.
Une dernière chose avant de vous laisser à votre questionnement...
Ne trouvez-vous pas étrange que ceux qui comprennent apparemment le mieux les principes de "liberté, égalité, fraternité" soient des étrangers (parlant parfois mal notre langue, et vendant un des symboles de la France les plus connus au monde), et non pas les représentants de "l'ordre"?
Moi, ça m'interpelle.
lundi 1 février 2010
"Les belles rides, il les a toutes..."
Un homme, un vieil homme. Bien habillé, mais avec simplicité, sobriété. Dans son regard: la bienveillance. Il juge le monde avec sagesse. Il a l'air curieux, sans indiscrétion. Ses joues sont creusées. Fleuves de larmes des malheurs de la vie? Inquiétude? Simple fatigue? Sur celle de droit, une cicatrice, marque indélébile de jeunesse, ou l'on ne saura quoi, mais lui il sait, il s'en souvient chaque fois qu'il la voit, sa cicatrice, même si souvent, il ne la voit même plus. Son front, grand, large, est creusé de longs sillons. Rides d'inquiétude ou d'étonnement. Ou les deux. Les sourcils bien fournis, froncés presque en permanence, comme si chaque chose, chaque personne, le faisait s'interroger. Comme si on point d'interrogation permanent flottait dans sa tête. Les lèvres sont un peu serrées, mais on ne saurait dire si c'est d'une légère vexation momentanée ou d'un vague sourire ironique persistant. Toutefois, quand il faut céder le passage à une dame, se pousser un peu... bref, faire preuve de politesse toute simple, le sourire éclate, franc et rayonnant, chaleureux, accueillant. Apparaissent alors celles qu'on n'avait pas vues: les petites lignes serrées au coin des yeux. Le regard calme et curieux nous les avait fait manquer. Ces petites lignes qui disent qu'on a trop ri, ou trop pleuré, et qui se réveillent chaque fois que l'on recommence. Oui, les belles rides, vraiment, il les a toutes. L'air d'un sage qui a gardé une âme d'enfant. Et si on lui parlait, il dirait qu'il ne peut rien nous apprendre, parce que la vie est la meilleure des enseignantes, tout ce que les autres nous apprennent, nous chercherons de toutes façons à en faire l'expérience.
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