Dans les transports, aujourd'hui, il y avait...
La fille qui parle tellement qu'elle se rend compte juste une station de métro plus tard qu'elle ne capte plus et que sa conversation a été coupée...
Le mec qui mache son sandwish tellement brutalement que quand il me regarde j'ai l'impression qu'il me menace de mort par broyage...
... Rectification quel que soit le moment où il me regarde, j'ai l'impression qu'il me menace de mort.
Tout court...
Le mec qui trouve que, pour sortir, la porte à l'autre bout du wagon bondé est beaucoup mieux que celle qui était juste devant lui...
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jeudi 17 novembre 2011
vendredi 23 septembre 2011
Maquillage
J'aime pas les femmes qui se maquillent dans les transports.
Plutôt, ce n'est pas les personnes qui le font, c'est l'acte lui-même et l'image qu'il donne de ces femmes.
Alors, disons que je n'aime pas le fait de se maquiller dans les transports. Mais syntaxiquement, ça peut vouloir dire que je le fais, alors que je ne le fais pas puisque je n'aime pas cette image.
Je ne le fais pas, parce que ces femmes, durant ces instants, que je considère intimes, qu'elles étalent au public qui n'a rien demandé, elles dégagent un quelque chose de très négatif pour moi.
Un quelque chose de "je suis une femme si moderne, si occupée, si courante-partout que je n'ai même pas eu le temps de faire ça devant mon miroir, chez moi, tranquille sans les oops-le-nid-de-poule ou le attention-feu-rouge."
Un quelque chose de "j'ai tellement besoin de me sentir belle, j'ai tellement peur que mon grain de peau-pas-exactement-photoshopé-comme-dans-un-magasine, que je ressens le besoin irrépressible de me repoudrer le nez, les joues, le front et le menton 23 fois et demie par jour." (le "et demi", c'est quand elle a été interrompue par son cellulaire en ayant fait que les joues et le front).
Un quelque chose de "j'aime tellement que les gens me regardent que j'ai développé au cours de ma vie différentes techniques pour attirer l'attention des gens, et c'est celle-là qui fonctionne le mieux: se recoiffer dans le reflet de la vitre, c'est trop éphémère."
Un quelque chose de "regarde bien, ma p'tite, tout ce que j'ai sorti de mon sac pour me refaire une pas-beauté, là, tu vois toutes ces marques célèbres qui défilent, tu vois que c'est ton épicerie du mois pour ta famille de cinq enfants qui vient de passer sous tes yeux"
Moi, je ris quand le highliner dérape.
Toujours.
Plutôt, ce n'est pas les personnes qui le font, c'est l'acte lui-même et l'image qu'il donne de ces femmes.
Alors, disons que je n'aime pas le fait de se maquiller dans les transports. Mais syntaxiquement, ça peut vouloir dire que je le fais, alors que je ne le fais pas puisque je n'aime pas cette image.
Je ne le fais pas, parce que ces femmes, durant ces instants, que je considère intimes, qu'elles étalent au public qui n'a rien demandé, elles dégagent un quelque chose de très négatif pour moi.
Un quelque chose de "je suis une femme si moderne, si occupée, si courante-partout que je n'ai même pas eu le temps de faire ça devant mon miroir, chez moi, tranquille sans les oops-le-nid-de-poule ou le attention-feu-rouge."
Un quelque chose de "j'ai tellement besoin de me sentir belle, j'ai tellement peur que mon grain de peau-pas-exactement-photoshopé-comme-dans-un-magasine, que je ressens le besoin irrépressible de me repoudrer le nez, les joues, le front et le menton 23 fois et demie par jour." (le "et demi", c'est quand elle a été interrompue par son cellulaire en ayant fait que les joues et le front).
Un quelque chose de "j'aime tellement que les gens me regardent que j'ai développé au cours de ma vie différentes techniques pour attirer l'attention des gens, et c'est celle-là qui fonctionne le mieux: se recoiffer dans le reflet de la vitre, c'est trop éphémère."
Un quelque chose de "regarde bien, ma p'tite, tout ce que j'ai sorti de mon sac pour me refaire une pas-beauté, là, tu vois toutes ces marques célèbres qui défilent, tu vois que c'est ton épicerie du mois pour ta famille de cinq enfants qui vient de passer sous tes yeux"
Moi, je ris quand le highliner dérape.
Toujours.
mercredi 21 septembre 2011
Vengeance sociale
Mme X entre dans le bus et s’assoit vers le fond, à son habitude. Elle jette un œil aux trois jeunes filles, anticipant déjà de se sentir dérangée par leur rire, leurs moqueries. Mme X a ses écouteurs, elle monte un peu le son et se concentre sur son texte à lire pour le soir. Ça devrait aller. Deux dames montent à l’arrêt suivant, Mme A s’assoit tout au fond, Mme Z plus en avant. Mme X l’a vu parce qu’elle a levé les yeux de son texte pour réfléchir 3 secondes. Un groupe de garçons montent à l’arrêt d’après. Mme X l’a vu parce que leur remue-ménage est perceptible par tous les pores de sa peau, plus simplement par l’ouïe. Je ne peux pas les appeler des jeunes hommes : contrairement aux jeunes femmes qui gloussent, mais qui respectent les gens qui les entourent, ces garçons commencent, dès qu’ils sont assis, de manière répartie dans le fond du bus, une partie de « je te lance la boule de papier le plus fort possible ». Mme A détourne les yeux, regarde dehors, fait mine de ne pas être dérangée. Mme Z ne dit rien, mais plisse des lèvres. Cependant, quand la boule de papier lui arrive dessus, elle la prend et ne la rend pas. Petite leçon de morale que Mme X ne peut pas entendre, elle a toujours ses écouteurs, elle essaie de se concentrer sur son texte. En vain. Les garçons se moquent outrageusement de cette petite leçon. Le monde leur appartient, à quoi sert la morale, ils sont jeunes, ils sont forts, ils ne craignent rien. Mme X sent sont cœur s’accélérer, son âme se révolter de la puérilité de leur attitude. Mme X aimerait être de ces grands sages qui en imposent par leur présence, ont toujours le bon mot à dire et savent assagir les plus débiles. Mme Z essaie encore de leur faire comprendre l’irrespect de la situation. Cette fois les garçons ne se cachent plus pour rire d’elle. L’un d’eux a fini sa boisson et tend le verre en plastique à la dame : « vous voulez le tenir aussi? Vous faites bien la poubelle! » (Mme X a entendu, parce que sous le coup de la colère, elle a enlevé ses écouteurs pour suivre la conversation, elle rumine encore, ne sachant pas quoi dire) Mme A accorde un regard à la scène, détourne les yeux. Mme Z a le regard blasé, lassé, elle leur fait remarquer qu’ils sont vraiment bas dans son estime. Le garçon dépose son verre par terre. Mme X explose : « souvenez-vous bien de ce moment, rappelez-vous de chaque instant, et maudit que j’aimerais être là dans 10 ans quand vous vous rendrez compte de votre stupidité ». Les garçons rient. Pour l’instant, ils se trouvent bien drôles, alors ça les fera rire plus tard. Pensent-ils. Le bus arrive au terminus. Le groupe sort en laissant le verre par terre, Mme X interpelle le dernier : « ramasse-le, s’il te plait ». Regard vague, haussement d’épaule, il continue son chemin. Mme X est prise d’une sorte de rage vengeresse. Elle ramasse le gobelet, ne sachant sur le coup pas trop qu’en faire. Elle marche vite, et repère celui qui l’a ignorée. Non, il n’est pas responsable du gobelet à terre, seulement d’être imbécile, et non incivique. Petit regard mi-inquiet, mi-amusé de l’intéressé. Il ne comprend pas pourquoi les gens ramassent les détritus des autres quand des gens sont payés à le faire. Mme X rattrape le véritable incivique, celui qui rit des gens sans honte, qui se laisse trainer. Le geste se fait tout seul, mais Mme X ne fait rien pour le retenir. Le verre se retrouve retourné et écrasé sur la tête chevelue de l’impertinent. « Le respect que tu montres aux autres, c’est le respect que tu mérites. Et c’est ça que tu montres aux autres ». Mme X n’a même pas noté le visage de l’agressé, ni d’aucun de ses amis, elle sait qu’il a ri, qu’il a touché ses cheveux. Elle a continué son chemin, elle se souvient d’avoir entendu le bruit de quelqu’un qui crache. Sur elle? Elle ne le sait pas. Elle se souvient du rire des autres du groupe, de ses jambes et de ses mains tremblantes en descendant l’escalator, de son cœur battant à un rythme fou. Elle se souvient s’être dit « s’il m’a craché dessus, il n’a même pas osé me le faire en face, il a attendu que j’aie le dos tourné. Lâche. »
jeudi 10 mars 2011
Attendre quelqu'un?
Il habite devant l'arrêt du bus.
À l'approche du bus, il s'est approché d'une fenêtre.
À la descente des passagers, il à écarté le rideau, il a dévisagé chacun d'eux.
Il a eu l'air triste, déçu.
Il a laissé retomber le rideau.
À l'approche du bus, il s'est approché d'une fenêtre.
À la descente des passagers, il à écarté le rideau, il a dévisagé chacun d'eux.
Il a eu l'air triste, déçu.
Il a laissé retomber le rideau.
samedi 15 janvier 2011
Drague
De l'autre côté de la fenêtre de notre wagon, dans le wagon suivant, il salue la fille qui est assise juste à côté de cette fenêtre.
Lui, pingouin noir. Elle, échasse noire à sacoche, mais visiblement pas intéressée par le bandana qui lui sourit. Non, c'est sûr, le sourcil levé et les lèvres moqueuses confirment le désintérêt quasi total. Elle détourne la tête pour en finir avec les grimaces charmeuses. Nos regards se croisent. Mon sourire amusé la fait rire, nous rions ensemble.
Elle n'est peut-être pas si "a sacoche" que cela (mais elle reste une échasse).
Il est retourné s’asseoir près de ses amis plus loin dans le wagon. Sans rancune M. Pingouin, hein?
Lui, pingouin noir. Elle, échasse noire à sacoche, mais visiblement pas intéressée par le bandana qui lui sourit. Non, c'est sûr, le sourcil levé et les lèvres moqueuses confirment le désintérêt quasi total. Elle détourne la tête pour en finir avec les grimaces charmeuses. Nos regards se croisent. Mon sourire amusé la fait rire, nous rions ensemble.
Elle n'est peut-être pas si "a sacoche" que cela (mais elle reste une échasse).
Il est retourné s’asseoir près de ses amis plus loin dans le wagon. Sans rancune M. Pingouin, hein?
vendredi 26 novembre 2010
Touchée
Signes de mains à travers la vitre du métro. Deux grands sourires qui articulent "merci". Quatre yeux qui pétillent. Avec les miens cela fait six. Je leur renvoie un signe de la main.
Un merci chaleureux, sincère et émouvant. Énormément de bonheur pour un geste très simple, c'est toujours ce qui me donne envie de recommencer.
Démesure de la reconnaissance pour une place dans le métro.
vendredi 19 novembre 2010
Sage
Les gens sont trop sages ici.
Dans la rue ou dans les transports en commun.
Des hommes, des femmes, des enfants, tout ce qu'il y a de plus normal.
Ils écoutent leur musique, lisent le journal ou un livre...
Une tasse thermos dans les mains, pour le plaisir de boire quelque chose de chaud, ajouté à celui d'être écolo!
Personne ne se bouscule. C'est d'ailleurs ce qui choque la plupart des européens: la ligne ordonnée devant le bus, au bout de laquelle chaque nouvelle personne qui arrive se place. Même quand le bus, ou le métro, fait un arrêt brutal, les gens se confondent en excuses de s'être cognés les uns aux autres. Les métros bondés laissent d'ailleurs la place de lire le journal... et de tomber (et de se faire d'énormes bleus grâce à cela -- le métro parisien a l'avantage d'empêcher toute chute une fois qu'il est vraiment bondé)
Les gens sont TROP civilisés!
Jusqu'aux mecs qui ont typiquement une tête de dragueur, qui à Paris abordent lourdement et sans originalité, qui abordent ici avec délicatesse, ou qui n'osent même pas aborder, qui regardent parfois seulement timidement...
Même les fous sont sages... fous dans leur coin, sans déranger les autres.
vendredi 12 novembre 2010
Exptdr
Quand ils rient, c'est une explosion.
On a beau avoir des écouteurs, être concentrés sur nos travaux ou nos lectures, vouloir vraiment ne faire semblant de rien, ce rire groupé vibre dans tout notre corps, résonne en nous et sur tous les meubles. On peut donc vibrer de rire. C'est la résonance du rire, l'harmonie des Hommes.
On dit qu'une puissante soprano pourrait faire éclater du cristal, si elle entrait en résonance avec. Je pense que les chances sont plus probables que l'humain entre en résonance avec le rire d'autres humains.
La preuve: nous avons tous explosé de rire.
Enfin, d'abord, nous nous sommes regardés. Nous, les autres, qui ne savons pas pourquoi ceux-là rient. Mais à force de nous regarder, étonnés, mais touchés droit au coeur, nous avons ri aussi. Nous sommes entrés en résonance, et notre coeur a explosé.
Le café entier est pris d'un fou rire, plus ou moins intense selon la proximité avec l'épicentre: moi qui suis juste à côté d'eux, j'en ai les larmes aux yeux.
Et notre rire les fait rire. Comme s'ils réalisaient à l'instant que tout le monde les a entendus, mais conservant le privilège de savoir pourquoi ils ont ri au départ, de savoir ce qui a déclenché le tsunami abdominal de la salle.
Bien sûr, nous avons d'abord tous pensé que nous voudrions travailler en paix, qu'ils sont bruyants, quand même. Mais nous avons alors pensé à la bibliothèque à 60 mètres d'ici. La bibliothèque et son silence de plomb. Ce silence qui nous fait lever la tête à chaque pas qui s'approche, l'entendant comme une intrusion dans notre esprit trop au calme. Non, nous savons que nous sommes venus travailler au café parce que nous aimons ce bruit de font de conversations et de musiques en tous genre à la radio.
Alors, nous ne pouvons nous en empêcher, nous gardons une oreille tendue, à l'affût, souriant encore chaque fois qu'un autre rire clair et franc éclate.
Ce doit être un des plus beaux bruits au monde...
dimanche 26 septembre 2010
Homme après repas
Cet homme me fait étonnement penser à ceux d'une autre génération.
La génération d'aujourd'hui court après le temps: en manque tout le temps de ce temps, tant et si bien qu'elle tend à tenter l'impossible pour gagner un peu de temps...
Mais il y a une génération d'épicurien, pour qui prendre le temps est impor-tant de prendre un temps après le repas, pour digérer, lire le journal, fumer une pipe ou un cigare et piquer un roupillon.
Lui, il a eu l'amabilité de faire la vaisselle en causant tranquillement. M'expliquant notamment pourquoi il aurait besoin d'être parti à 14h30.
Puis il a pris confortablement place sur le canapé, a attrapé le journal d'hier qui traînait là. Il a lu quelques minutes et ses yeux ont commencé à se fermer. Alors il a laissé tomber sa main tenant le journal, il a rapproché l'autre de sa joue, comme pour caler sa tête, et il a commencé à respirer plus lentement.
Il s'est réveillé pour regarder l'heure. Il m'a souri et a reposé sa tête, en fermant les yeux, malgré le temps qui avait filé.
S'il y a bien un homme aujourd'hui qui ne court pas après le temps, c'est lui. J'aurais même tendance à penser qu'il croit que c'est le temps qui lui court après.
mercredi 5 mai 2010
à la piscine
Quand on va a la piscine, ça peut être pour se détendre, ou pour être actif. Dans tous les cas, il y en a toujours pour empêcher que ce soit comme on le voudrait.
Quand on y va pour nager, les couloirs sont toujours pleins, et on se retrouve toujours à "piétiner" à l'arrière de quelqu'un de trop lent. Ou bien l'on se trouve à empêcher un pro du crawl d'avancer, et on sait qu'il s'énerve aussi à piétiner.
Alors parfois on se lance: on va nager dans le bassin où il y a tout le monde, parce qu'il y a proportionnellement moins de monde dedans. Mais il faut slalomer entre les enfants et les parents qui les surveillent. Mais il arrive toujours une vague provoquée par leurs jeux que l'on avale en voulant respirer. Embêtant.
Alors on retourne nager entre le vieux qui n'avance pas et l'athlète de compèt'.
Récemment, j'ai choisi le SPA, le but étant de se détendre, de rester tranquillement à profiter de la chaleur et des bulles (et de faire disparaître, si c'est possible, des courbatures provoquées par une semaine de marche).
Mais il y a des phénomènes aussi dans ce genre de piscines. Celle que j'ai choisi, en plus, est réputée pour son eau minérale naturelle, et devient une attraction touristique (oui, d'accord, c'est aussi pour cela que j'y suis).
Et puisqu'il n'y a rien à faire à part se détendre et regarder les autres faire de même... c'est ce que j'ai fait.
Si je puis donner un conseil, les filles, ne vous maquillez pas en allant des ce genre de bains. Certes, il est possible de ne pas mettre la tête sous l'eau. Mais une eau entre 33 et 35° ça tient tout de même suffisamment chaud pour que la transpiration puisse vaguement apparaitre, et ceci allié à l'humidité ambiante vous dessine d'esthétiques cernes noires sous les yeux. Ravissant! C'est sans compter qu'il y en a toujours une pour aller aux hammams, ou pour se mettre la tête sous l'eau parce que finalement ça fait du bien, et qui se retrouve avec non plus des cernes, mais une cascade noire jusqu'au milieu des joues! Même le maquillage waterproof ne résiste pas, c'est certain.
Nous avons donc ces demoiselles, ou ces jeunes femmes, venant en groupe quatre à dix, qui papotent dans le bassin, en cercle. Elles ont toutes des maillots vraiment superbes. D'ailleurs il faut bien le dire, à par pour le noir sous les yeux, elles sont superbes! Ça sent la fille qui prend soin d'elle!
J'ai eu la chance de me trouver là en même temps que deux anglaises un peu... silly! Dignes d'un roman, elle ressemblent à deux sœurs, ou deux vieilles amies, qui n'ont jamais réussi à se marier et qui ne se quittent pas, pour compenser! Elles découvrent visiblement ce que c'est qu'une source thermale "chaude". Donc il faut afficher sa joie de sentir l'eau si chaude, quand on vient de traverser une terrasse extérieure à 13°, avec de la pluie et du vent. D'accord, ça fait un bien fou, mais on apprend normalement à afficher un air béat, plutôt qu'à s'exclamer combien c'est bon! Ensuite, il faudrait seulement leur apprendre que, justement, dans un SPA, vu la taille du bassin, ça ne se fait pas trop de faire des longueur, et de jouer à s'éclabousser, ou à se poursuivre sous l'eau... enfin, tout le monde en profite, quoi!
Est-ce que vous connaissez aussi cette femme, qui est visiblement très bien dans sa peau, qui a certainement été plus mince aussi avant, et qui s'affiche, rondelette, avec un maillot de bain deux pièces... et un beau gros tatouage sur le flanc? Celle là avait un très beau tigre. Sur sa peau blanche, ça faisait donc un tigre du Bengal! Chouette!.. sauf qu'avec le bedon, ça faisait bouger le tigre à chaque mouvement de la nana. Je pense qu'elle aurait dû le représenter en train de courir plutôt qu'allongé, ça aurait pu lui donner un air animé!
Et puis dans cet endroit, si vous croisez un homme, vous pouvez tout de suite chercher où est sa copine ou sa femme. Pas un seul ne vient seul. Inutile de venir là pour draguer, en somme. Alors ces messieurs, ont-il été trainés là par leur dulcinée, et ont-ils accepté en se disant qu'au moins ils pourraient se rincer l'oeil (car la plupart ne se gêne pas!)? Ou est-ce eux qui ont eu l'idée d'emmener leur chère et tendre, pour leur anniversaire commun, se détendre au chaud, dans cet endroit propice aux câlins? Who will ever know but them?
jeudi 8 avril 2010
Train-train quotidien
"La présence de personnes sur les voies en gare de Chaville Velizy interrompt la circulation des trains dans les deux sens jusqu'à onze heures quarante cinq. Les forces de l'ordre sont actuellement mobilisées. La SNCF vous remercie de votre attention."
Attends, mais c'est quoi ce message qui ne veut rien dire? On sait donc que y'a des gus sur le chemin de fer, ok... Mais que doit on en penser? Des idiots qui se croient drôles? Un pauvre mec qui s'est dit que, aujourd'hui, il allait tout faire pour enfin ne plus passer inaperçu? Un suicidaire qui s'est allongé sur la voie après avoir décidé que la meilleure façon de mettre fin à ses jours était de se faire rouler dessus? Un type bourré qui n'a pas compris que "chui trop au bord du quai" impliquait certainement "je vais me péter la gueule"? Ou une autre sorte de type bourré qui a voulu faire un braquage version farwest? Ou bien un employé SNCF qui a oublié de se déclarer? ...
Et puis "les forces de l'ordre", est-ce qu'ils ont envoyé deux petits policiers pour ramener quatre mecs en coma éthylique? Ou toute une camionnette pour ramener un pauvre diable suicidaire?
On veut des détails-heu!
La présence de personnes sur les voies en gare de Chaville Velizy interrompt la circulation des trains dans les deux sens jusqu'à onze heures quarante cinq. Les forces de l'ordre sont actuellement mobilisées...
Les gens sont drôles quand même.
On regarde sa montre. On tape du pied. On tourne en rond. On allume une cigarette. Et puis on soupire. C'est important le soupir. Ça montre qu'on est pressé, le soupire, qu'on n'a pas que ça à faire!
Dans cette ville où les gens se pressent tout le temps, sans arrêt, c'est sûr, c'est dur, d'être obligé d'attendre, de ne pas contrôler, de ne pas pouvoir faire accélérer les choses.
Il est interdit de fumer sur les quais. Tout le monde sait ça. Mais saviez-vous que cette loi est suspendue lors d'incidents de ce genre? En effet, ce serait ignoble d'empêcher, en plus!, ces pauvres messieurs (et ces belles dames) stressé(e)s de se détendre un peu!
Le message se répète toutes les deux ou trois minutes. Les cigarettes sortent des paquets presque avec la même régularité.
Les gens restent difficilement immobiles. À tel point qu'à part les trois touristes asiatiques assis sur leurs valises, n'ayant pas l'air de bien comprendre ce qu'il se passe (mais cela fait peut-être partie du charme parisien pour eux), je suis la seule à rester sans bouger, adossée à un poteau.
Les regards se tournent vers l'horloge de la station presque plus souvent que les aiguilles n'avancent.
Et ces soupirs agacés qui fusent. Ils sont discrets, mais pas trop, car il faut montrer que décidément, ça ne nous arrange pas du tout, ça, non!
"Le succès de l'intervention des forces de l'ordre permet la reprise graduelle du trafic. La SNCF vous remercie de votre patience."
Bon, une raison de plus pour le commun de la population de penser que nous avons besoin de cette force de l'ordre. Force bien ordonnée commence par un monde organisé. L'ordre au service d'une routine sans accro. Le train-train quotidien perdurera.
mercredi 31 mars 2010
people
J'ai vu un homme qui parlait au téléphone en marchant dans la rue. Il était très enthousiaste, il répétait que c'était super, vraiment très bien.
Et puis, tout à coup, il a penché la tête sur la gauche, il a avancé l'épaule droite, et comme si celle-là l'entrainait autour de son épaule gauche... Il a fait un tour sur lui-même.
Une première fois, c'est drôle: quel enthousiasme!
Deux trois mètres plus loin, il a recommencé.
Et encore. Et encore. Et encore... Jusqu'à ce qu'il soit trop loin pour que je puisse voir s'il continuait.
Je me suis dit que si c'était un TOC, c'en était un mignon. Mais handicapant quand même pour marcher à une vitesse normale, non? Et quand il court, est-ce qu'il a besoin de le faire aussi?
Ça lui donnait un air bien joyeux!
J'ai vu un homme sur un quai de RER, il lisait un livre, il avait de gros écouteurs sur la tête.
Et puis, tout à coup, il a sorti un sac de chips, il s'est levé et s'est dirigé vers les escalators, celui qui amène les voyageurs sur le quai, pas celui qui les fait le quitter. Il a ouvert son paquet de chips, et il a sauté sur les escalators.
Et pendant les dix minutes qui nous séparaient de l'arrivée du train... il a marché sur place.
Était-ce un problème d'hyperactivité? Était-ce pour compenser le fait de manger des chips? Je me suis demandée ce qu'il ferait si des gens venaient à emprunter l'escalator dans le bon sens... Mais ça n'est pas arrivé. Est-ce que des touristes y auraient renoncé en pensant qu'en France on devait peut-être prendre les escalators en sens inverse?
Les gens sont géniaux!
mardi 23 mars 2010
Ha, Chapeau!
Quand on porte un chapeau, on ne voit pas le monde de la même façon, on n'est plus pareil.
D'abord, on ne voit plus la tête des gens, sauf des petits gens.
Alors on se met à regarder de façon presque anormale les chaussures des gens.Un jour, il faudra que je consacre un article aux chaussures de Paris. Parce que je suis presque sûre que je peux caractériser une personne en voyant ses chaussures, mais j'adore aussi me rendre compte en levant les yeux que j'ai eu tord. "Mama always said, you can tell a lot about a person by their shoes, where they're going, where they've been" (Forrest Gump)
Enfin, tout à coup, les chaussures des gens se distinguent, et prennent une importance ahurissante! Et alors, à l'inverse, j'ai l'impression qu'on ne regarde que ma tête. Celle des autres disparait, le monde est limité par ce rebord rouge devant mes yeux, mais quand je fais en sorte de regarder le monde qui m'entoure, têtes incluses, je me dis chaque fois que ce n'était pas une impression.
Mais il faut dire que les gens regardent beaucoup les chapeaux, avec le regard vague, qui indique que ce chapeau les ramène dans leurs désirs les plus intimes: avoir une tête à chapeau, et posséder un chapeau!
Mais quand même, ils se disent qu'un chapeau rouge, c'est un peu osée... Mais leur regard ne se détache pas, car le regard est vite attiré par les couleurs voyantes.
Car Oui! mon chapeau est rouge, on me l'a offert, me disant que mon cadeau me plairait, puisqu'il est rouge! Et c'est vrai, il me plait!
Je n'ai que deux façons de porter un chapeau qui me plaisent. La première fait assez naturelle, le chapeau légèrement en arrière, cela donne un petit air de cow-girl et incite à garder la tête haute, ce que j'aime bien, je l'avoue. L'inconvénient majeur est que le chapeau a plus de prise en vent ainsi.
Alors, souvent (bah oui, Paris est venteuse!), je joue le jeu, et je porte mon chapeau bas sur le front, légèrement incliné, comme le font les chanteurs de jazz ou de R&B qui se donnent un style. Moi aussi je me donne un style. Veste en jean, jupe ou pantalon, petit pull, boucles d'oreilles, un peu de maquillage. Je regarde les gens de côté ou par dessous mon chapeau.
Je regarde dans le reflet des vitres si mon couvre-chef est bien placé, si mes cheveux ont l'air bien, et je les replace s'il le faut.
Quand on a un chapeau, on ne peut pas faire comme si de rien n'était, on ne peut pas croire qu'on passe inaperçue, on peut se permettre un peu (ou plus) de narcissisme, un peu plus de fierté dans la démarche, dans le regard, dans le ton de voix (bon, moi, j'évite, ça je l'ai naturellement).
Et surtout, quand on a un chapeau, on n'est responsable d'une certaine classe, parce ne porte pas de chapeau qui veut, et qui en porte doit le bien porter!
note personnelle: se rappeler de ne plus jamais lire un bouquin qui parle des africains en portant mon chapeau... un seul attribut pour se faire remarquer à la fois.
jeudi 4 mars 2010
Tenez la droite!
Je n'aime pas ces filles, taille mannequin, qui se mettent sur la droite des escalators. Où est le problème me diriez-vous? C'est que cette taille zéro réussit à bloquer tout le passage à cause d'un simple geste: porter son sac à main sur le bras gauche, au creux du coude, le bras à 45°, la paume de la main vers le bas, le poignet légèrement cassé (petit doigt en l'air?), ça fait plus chic. Ou encore, le coude presque à 90°, le poignet serré (mais de façon chic) dont l'alignement est aussi à 90° environ. Ça prend moins de place?... sauf que ça, c'est quand le sac est tellement gros et/ou lourd qu'il prend la place d'une deuxième personne sans jambe.
mardi 2 février 2010
Bip... Dring!... Allô?
J'aime notre civilisation de communication.
J'aime pouvoir appeler les gens que j'aime si facilement, aller chercher les nouvelles sur internet, m'informer presque quand je veux sur ce que je veux. C'est vrai, les facilités de communications ont révolutionné nos vies!
Oui, enfin... elles ont aussi révolutionné notre façon de penser, d'être, de nous comporter...
Par exemple, je me suis retrouvée dans un wagon de métro, ce matin. 11 personnes en vue: 7 femmes, 4 hommes. Sur ces 7 femmes, 5 avaient leur téléphone à la main. Sur ces 4 hommes, 2 avaient le leur de sorti. Ces personnes n'étaient pas forcément seules... la plus grande partie voyageait visiblement en paire. Et elles se parlaient, le téléphone dans la main, regardant régulièrement l'écran de celui-ci. Et sur les personnes seules qui avaient le mobile sorti? Ça avait l'air de jouer, de pianoter... (Je dis ça, mais oui, bien sûr, je le fais parfois...rholala... quand j'y pense...)Ceci dit, c'est une possibilité hallucinante que de capter absolument partout dans les transports parisiens (sauf sur la ligne C du RER en souterrain... bah oui, forcément, c'est ma ligne!), de pouvoir joindre les gens dans nos trajets, de passer un appel rapide pour prendre des nouvelles. Allô? Oui, c'est Xénia! Je pensais à toi, alors je t'appelle, savoir ce que tu deviens! On se fait une bouffe un soir? Vendredi? Super! Bon bah on s'appelle pour se dire où et quand! Ouai, bises! Ciao! C'est génial, non..? Ne pas manquer un appel important, au cas où.
Le revers de la médaille, c'est qu'on reçoit aussi les appels qui ne sont pas importants, et que l'on prend l'habitude de recevoir des appels n'importe quand surtout! Il y a aussi que les gens prennent l'habitude de pouvoir nous joindre n'importe quand, qui oublient que, peut-être, en pleine journée nous sommes en cours, ou en train de bosser, de réviser, de préparer l'oral de la semaine prochaine... Et qu'on se sent mal (c'est anormal, non?) de ne pas pouvoir répondre!
Qui sera celui qui fera une analyse socio-psychologique ou psycho-sociologique du besoin fondamental d'être en permanence joignable, d'avoir cet espèce de cordon ombilical nous reliant au monde entier, à la Terre dans son ensemble. Jamais seuls, toujours connectés d'une façon ou d'une autre.
mercredi 20 janvier 2010
Manteau rouge
J'aime, lorsque j'en ai l'occasion, m'asseoir dans un endroit passant, musique dans les oreilles, regarder les gens... qui passent.
Je compte les manteaux rouges (j'adore les manteaux rouges), je regarde aussi les beaux garçons, et les femmes si bien habillées de Paris. Un manteau rouge. Les gens se pressent pour sortir du métro, comme si l'air qu'on y respirait (deuxième manteau rouge) incitait à presser le pas. Ils n'ont peut-être pas tord... claustrophobie collective?
Il y a de belles jeunes femmes, étudiantes, ou fraîchement diplômées... elles sont si bien habillées. Il faut se faire belles, paraître à l'aise dans la société: moi, je ne suis pas dépendante de la société, c'est elle qui a besoin de moi (2 manteaux rouges d'un coup).
Je vous avoue que ce n'est pas facile d'écrire en regardant les gens passer... je m'arrête pour admirer la grimace de celui-ci, la bouche tordue à force d'être tendue de celle-là... Et quand un bel homme passe (oui, si vous me connaissez, vous connaissez une précision de plus sur ce bel homme), s'il ralentit, l'air intrigué de savoir ce que je fais, je suis bien obligée de m'arrêter pour lui sourire, bien sûr! Ho! un manteau bleu!
Cette masse infinie de manteaux noirs... cortège quasi ininterrompu de costumes sombres... et encore un manteau rouge. J'ai tellement fait une obsession pour les manteaux rouges ces dernières années que j'en ai maintenant, depuis peu, moi-même un. Il n'est pas assez chaud, et de qualité médiocre, qui fait que les coutures ne résistent à rien... mais je porte fièrement mon faux duffle coat rouge! Dans cette masse obscure des presseurs de pas du métro, je me sens pleine de couleurs!
J'aime, dans le métro, voir les gens qui prennent leur temps. On se fait bousculer (manteau rouge) des deux côtés en même temps, les gens râlent (vous avez déjà vu un vieillard littéralement plié en deux? Le poids des ans à l'air d'être si lourd...). Mais surtout: ne pas s'excuser, sourire, et sourire encore. Qu'on ait un manteau noir ou non. Sourire, parce que c'est nous qui détenons la raison, la sagesse: "rien ne sert de courir, il faut partir à point"... ou décider qu'être en retard, ça n'est pas si grave! Je pars souvent (pas toujours) en avance, et je m'assois sur un banc du métro (ho! deux valises rouges tirées par un manteau noir!) pour regarder passer les gens... et leurs manteaux.
Je n'aime pas beaucoup Paris, mais j'aime voir les gens se mélanger, et Paris est privilégiée pour cela.
Depuis que j'ai commencé à écrire, se sont assis à côté de moi: à ma droit, une jeune femme blanche qui rangeait l'intérieur de sa sacoche, puis un homme que je dirais français, bien chargé, puis une vieille femme qui a attendu le métro en préférant s'asseoir, et enfin un jeune homme qui a refait son lacet; à gauche, une dame noire avec sa petite fille sur ses genoux, puis une jeune femme qui a lu un moment, voulant de toute évidence finir son chapitre avant de sortir de ce cocon que représente un bon roman (un autre manteau) (encore un autre). Les noirs, les blancs, les basanés, les asiat'... et puis les mulâtres, les métissés, ceux qui sont mélangés naturellement, qui se mélangent à ceux qui sont obligés de se mélanger aux autres pour emprunter ces verts (et blancs) de terre éléctriques. Foule mélangeante et mélangée de Paris. Un sac rose, suivi de près par un manteau rouge, mais à poids blancs.
Finalement, on en voit pas mal des manteaux rouges. Mais on voit peu de bleus, de verts, d'oranges... Oui, c'est ça, je veux un manteau orange.
Je veux un manteau orange et prendre mon temps pour sortir du métro, sans qu'on me bouscule.
Un autre manteau rouge, le mien, se dirige vers la sortie.
dimanche 17 janvier 2010
Écouter le passé
J'aime écouter les gens raconter leur vie, leurs souvenirs, à la fin des repas. Le gros des invités est parti, on se raconte des anecdotes.
Oui, la plupart on les connait, mais on ne raconte pas pour informer, on raconte pour se rappeler, pour ne pas oublier, et surtout pour rire. On vient de fêter un anniversaire, on veut s'emmitoufler dans la nostalgie des années passées, inoubliables, mais irrécupérables. On a bu un peu trop de vin, on parle trop fort, on sait qu'on dérange les voisins. Mais que diable! c'est notre anniversaire, on peut bien les déranger une fois dans l'année!
Quand on était petit, ces conversations qu'avaient les adultes, on les trouvait interminables, assommantes, et l'ennui, la fatigue, nous prenait irrésistiblement... En grandissant, on s'est dit que, quand même, on aimerait bien avoir autant de choses drôles à raconter entre amis plus tard, et on s'est mis à écouter, à rire avec. On est devenu le public rêvé des plus vieux qui racontent: ceux à qui on n'a pas encore raconté! On est devenu bon public. On s'attarde plus longtemps en fin de soirée, on écoute en souriant. On commence même à connaître suffisamment bien les anecdotes pour les connaître et anticiper les rires. On rit parce qu'on connait.
On se dit que, tout de même, tout ne peut pas être parfaitement vrai, il enjolive certainement. Pourtant, personne n'a l'air de remarquer ce manque de véracité, personne ne lui dit qu'il exagère, et personne ne lui rappelle comment ça s'est passé pour de vrai. Alors, on hausse les épaules, on sourit un peu plus, et on y croit.
On s'imagine, surtout, à leur âge, en espérant avoir d'aussi bons amis. On fait mentalement le tour de ses propres amis, de ses propres souvenirs, et on se demande si on aura quelque chose à raconter de notre vie actuelle dans toutes ces années qui fasse autant rire les vieux et les moins vieux copains, qui nous fasse nous bidonner avec autant de mélancolie des jours passés.
On espère, surtout,que le passé nous fera rire, parce que le futur nous angoisse un peu.
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