En fin de session, on ne dit plus...
... "Il me reste deux semaines pour rendre ce travail", mais "il me reste 13 jours 20h pour lire 5 articles et écrire 10 pages résumant le total de 15 articles lus"; il faut être précis.
... "Noël est dans un moins d'un mois!", mais "Noël? Déjà? Mais j'ai pas encore lu tout ce qu'il faut pour rendre mes travaux!"
... "Ce que je fais ce weekend? Je sais pas, on se fait une bouffe?", mais "Pourquoi j'ai glandé tous ces samedis et dimanches?!"
... "je rédige des notes pour mon blog", mais "je procrastine, encore..."
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lundi 28 novembre 2011
mardi 26 octobre 2010
Quand la bise fût venue...
Le vent s'est mis à souffler.
Hier, déjà, la pluie était glaciale. Le vent piquait le front.
Mais il faisait gris, et l'on pouvait mettre ce froid sur le compte de la grisaille.
Mais ils nous avaient prévenus: après la pluie, le froid! Et ils ne nous ont pas trompés... Il fait un temps radieux aujourd'hui; ciel bleu dans lequel les nuages se font petits et rares. Par la fenêtre, le beau temps donne envie de sortir. Mais il faut voir les arbres qui se balancent comme un avertissement...
Car dehors c'est autre chose. Le vent qui fait balancer les arbres est glacial. Les joues fouettées par cette bise traître, je resserre mon manteau.
Ce n'est pas ce vent frais et très humide que j'ai connu pendant trois ans. Mon front et toute la peau de mon visage, mes lèvres surtout, semblent crier que c'est sec, que c'est froid, et que ça n'est que le début.
J'ai chaud sous mon manteau. Agréablement chaud.
Mais bientôt j'aurai besoin d'un manteau plus chaud.
Il est temps de penser à sortir la tuque.
... Et d'arrêter d'oublier ce stick à lèvres chaque fois que je change de sac.
dimanche 26 septembre 2010
Homme après repas
Cet homme me fait étonnement penser à ceux d'une autre génération.
La génération d'aujourd'hui court après le temps: en manque tout le temps de ce temps, tant et si bien qu'elle tend à tenter l'impossible pour gagner un peu de temps...
Mais il y a une génération d'épicurien, pour qui prendre le temps est impor-tant de prendre un temps après le repas, pour digérer, lire le journal, fumer une pipe ou un cigare et piquer un roupillon.
Lui, il a eu l'amabilité de faire la vaisselle en causant tranquillement. M'expliquant notamment pourquoi il aurait besoin d'être parti à 14h30.
Puis il a pris confortablement place sur le canapé, a attrapé le journal d'hier qui traînait là. Il a lu quelques minutes et ses yeux ont commencé à se fermer. Alors il a laissé tomber sa main tenant le journal, il a rapproché l'autre de sa joue, comme pour caler sa tête, et il a commencé à respirer plus lentement.
Il s'est réveillé pour regarder l'heure. Il m'a souri et a reposé sa tête, en fermant les yeux, malgré le temps qui avait filé.
S'il y a bien un homme aujourd'hui qui ne court pas après le temps, c'est lui. J'aurais même tendance à penser qu'il croit que c'est le temps qui lui court après.
lundi 9 août 2010
personne-elle
Elle ne la connait pas.
Non, elle ne l'a jamais vue, elle ne sait pas à quoi elle ressemble.
Pourtant, elle a rêvé d'elle.
Elle était belle. Elle se doit de l'être puisqu'il l'aime.
C'était une grande fête, et elle ne pouvait faire autrement que d'être joyeuse, puisque tout le monde l'était.
Puisqu'ils s'aiment, elle doit être heureuse pour eux.
Mais quand il lui a demandé si elle allait bien avec ce sourire de bonheur profond sur son visage...
Ce murmure fort et puissant, ce cri étouffé venant du coeur: Non, ça ne va pas!
C'est impérieux, ça sourde en elle depuis des jours, mais elle refusait de l'entendre.
Maintenant cela résonne, comme un écho infini, une plainte qui rythme ses pensées.
On dit que cela passe, et cela passera.
Mais dans combien de temps?
jeudi 5 août 2010
ma première laveuse
On dira ce qu'on voudra, mais c'est une sacrée décision ce genre d'achat...

D'abord, on cherche où l'on ira l'acheter. Où sont les meilleurs prix. On demande conseil, on jette un œil aux offres d'occasions. Mais non, on veut du neuf. Ça, au moins, c'est décidé. On a trouvé le magasin qui offre de bonnes occasions : machines neuves qui ont une éraflure ou en fin de stock. Alors un matin on prend sa carte de crédit à deux mains (et son courage accessoirement), et on va au magasin.
On se dit que c'est surtout pour se renseigner. On le précise d'ailleurs au monsieur qui, avec beaucoup de professionnalisme, répondra à toutes les questions qu'on posera (après que l'on ait précisé qu'on n'y connait pas grand-chose) et orientera l'éventail de choix en fonction de nos désirs.
Le téléphone du magasin sonne régulièrement, permettant à ma personne de réfléchir silencieusement, et d'angoisser un peu, il faut le dire...
Pensons-y. Même avec 25 % de rabais, une laveuse (frontale, à l'européenne, cela va de soi) coûte au plus bas 650 $ (ajoutons les taxes!). C'est le prix d'un ordinateur correct aujourd'hui (je sais, j'en ai acheté un ce prix-là il y a 3 jours pour une amie!). C'est aussi le prix d'un billet pas cher pour la France.
Mais les conseils du vendeur, en fonction de la consommation, de la garantie, du bruit (etc.), m'aident à réduire les choix. Bon, il y en a plusieurs qui ont été éliminées d'office : trop chères! Mais parmi les autres, à quelles marques faire confiance? Sur quoi se baser?
Je vois bien que le prix équivaut à un mois de loyer complet. Les taxes vaudront les charges d'électricité et d'eau! Ça fout les boules, non?!
Et qu'est-ce qui me dit que ce mec ne cherche pas à vendre à tout prix? Qu'est-ce qui me dit aussi qu'avec ma chance de fou je ne vais pas tomber sur le seul modèle défectueux de cette série "dont personne ne s'est jamais plaint"!?
Pouvez-vous imaginer combien de repas entre amis je peux organiser pour le prix d'une laveuse? J'ai calculé, avec la moyenne que je dépense par soirée de ce genre (repas et boissons, pour une dizaine de personnes), je pourrais en faire 8 environ (donc 8 mois avec un repas par mois!). Je pourrais aussi financer presque la moitié de mon prochain grand voyage!
Mais il me la faut cette laveuse. C'est la fin de l'errance d'appartement en appartement, alors ça doit aussi être la fin de l'errance de machines à laver.
Je regarde parmi les moins chères des marques connues. Je demande au vendeur la raison de la différence de prix de 50 $ et ses conseils. La réponse semble honnête : le modèle le plus cher est une marque plus connue, européenne, qui inspire plus confiance; le deuxième est une marque internationale qui vend à plus grande échelle. Le conseil est clair : le moteur est garantie 10ans sur la moins chère, et c'est un modèle quasiment entièrement silencieux (moteur à induction donc sans frottements...), le deuxième est plus esthétique (un peu ouais! il est rouge!!), mais plus gros et plus bruyant que l'autre.
Alors je me dis une dernière fois que j'ai besoin d'une laveuse... Sauf que, quand même, j'aimerais bien que Mam' soit là pour confirmer mon choix.
Aller, je suis une grande fille maintenant, non? Je suis capable de choisir seule un ordinateur pour ses composantes, toute seule aussi un billet d'avion pour le prix le plus compétitif, de trouver chaque fois les moyens de transport les moins chers pour certains voyages...
Mais quand il a fallu acheter une lampe pour ma chambre, qu'il a fallu trouver les ampoules qu'il fallait changer dans l'appartement... j'ai mis un temps fou à me décider (lumière bleu ou jaune? Lampe sur pied blanche ou noire? Avec abat-jour ou ampoule apparente?...). Alors vous imaginez qu'une laveuse...
Et puis, une laveuse, on veut de la qualité, on veut qu'elle fonctionne bien, on sait quelles qualités on cherche... Mais on ne voudrait pas qu'au bout de 4 ans elle fonctionne toujours, mais qu'elle nous énerve tellement à cause d'un petit défaut qu'on aurait envie de s'en séparer alors qu'on est "pogné" avec! ... Non mais on dirait que je magasine un homme!
"Je la prends, m'sieur."
Alors on fait le tour de la machine, on regarde les "poques" qu'elle a. Une rayure ici, une marque là. Toutes les petites choses qui font qu'elle est 25 % moins cher, parce qu'elle a mal voyagé.
Tout à coup, on veut que ça aille vite. La décision est prise. Les dés sont jetés; rien ne va plus. Amène la machine à sous pépé : je sors la carte. Livraison dans deux semaines, quand je serai chez moi.
À la sortie du magasin, il n'y a qu'une seule pensée qui m'obsède...
On dit toujours aux filles qu'elles deviennent une femme le jour où elles ont leurs premières règles. C'est faux. Elles deviennent simplement ados, elles quittent le cercle innocent de l'enfance. Le jour où elles font l'amour pour la première fois, elles sont indubitablement plus Femmes. Mais c'est la femme amoureuse et séductrice qu'on devient à ce moment-là. Et il n'y a pas que cette femme-là. Il y a aussi la femme autonome financièrement et mentalement, celle qui envisage le futur, qui calcule et prévoit. L'anti-glamour. C'est cette femme-là qu'on devient (sans effacer l'autre femme!) quand on achète sa première laveuse.
mercredi 4 août 2010
Sale temps
Il fait chaud et horriblement humide.
On ne sait plus comment s'habiller... Trop chaud pour se couvrir, mais si on ne se couvre pas, on a peur d'avoir froid à cause de la pluie!
On sait que le parapluie ne servira à rien. On a bien vu le vent dehors.
S'il pleut en version mousson, de toutes façons, il n'y a pas que la tête qu'on veut protéger!
Mais la simple idée de l'imperméable ou de la cape de pluie suffit à se sentir moite de chaleur. On s'imagine déjà la sensation du tissu plastifié collant à la peau à cause de la pluie qui tombe, et indécollable à cause de la transpiration, inévitable là-dessous par une telle chaleur.
Finalement le parapluie nous arrive quand même plus!
Mais comme le bas sera trempé, il faut trouver des chaussures qui ne craignent rien. Éviter le cuir. Éviter les tennis en tissu qui mettront 10 ans à sécher à cause de l'humidité ambiante...
On aurait envie d'y aller pieds nus.
D'ailleurs, la solution serait d'y aller entièrement nu. Les vêtements dans un sac en plastique pour quand on sera au sec.
Mais aller où, de toutes façons? Qui a envie de sortir par ce temps?
C'est un temps à rester dans son lit (mais, pas sous la couette : il fait trop chaud!). C'est un temps à manger des tartines de Nutella, du chocolat et de la crème glacée. C'est un temps parfait pour la déprime passagère.
Ouais, bon, c'est pas tout ça, mais j'ai rendez-vous en ville... Alors, je m'habille comment? Je mets quoi comme chaussures?
Retour à la case départ.
mardi 20 juillet 2010
C'est chez moi
Chaque objet à sa place.
Cela fait des mois qu'on n'a pas été là, mais on sait où chaque chose doit aller quand on range la vaisselle. On sait où attraper le moindre ustensile quand on fait la cuisine.
Cela n'a l'air de rien, mais ne pas avoir à chercher où brancher à la fois l'ordi, le téléphone portable et la batterie de l'appareil photo à quelque chose de très plaisant. Cette sensation de la chose familière, presque immuable.
Ho, bien sûr, certaines choses ont changé. Les objets usés ont été remplacés (mais leur suppléant occupe la même place), d'autres sont venus s'ajouter aux armoires. De façon plus rare, certains objets ont simplement disparu. On les cherchera un peu, puis on finira par demander et par comprendre.
Mais en rentrant chez soi, ce sont aussi les habitudes de vie que l'on retrouve.
Faire pipi la porte ouverte pour continuer la discussion qu'on a entreprise avant que l'envie ne vienne.
Inviter des amis, aller en voir d'autres, à n'importe quel moment, connaissant leurs habitudes et leur rythme de vie, de la façon qui me plait, ayant à disposition tous les moyens de transport que je pourrais vouloir et n'ayant qu'à choisir celui qui me plait le plus.
Prendre mon petit déjeuner avec ma mère, après être rentrée aux aurores, et discuter longuement de nos rêves de la nuit ou de nos projets du jour. Ou prendre le petit déjeuner seule sur la terrasse, avant que la ruelle ne soit éveillée. N'entendre que le bruit du vent, des oiseaux, des écureuils qui se coursent dans les arbres, et quelque corde à linge coulisser. Bientôt les enfants sortiront et les bruits ne seront plus les mêmes.
En rentrant chez soi, on retrouve aussi les lieux que l'on aime.
Par exemple, le café où le patron va nous regarder, une amie et moi, assez étrangement: on peut lire sur son visage qu'il nous connait, mais qu'il ne sait pas comment. Quand il réalisera qu'il retrouve deux clientes fidèles, il nous accueillera une deuxième fois avec beaucoup plus de chaleur. Il nous offrira une petite dégustation de son nouveau produit, excellent. Geste commercial, certes, puisqu'on reviendra tellement c'était bon, mais geste touchant puisque nous sommes visiblement les seules qui y ont droit!
Enfin, se sentir vraiment à la maison, parce qu'il n'y a aucun endroit qu'on ne connaisse aussi bien, que ce soit dans l'intérieur de la maison ou dans la ville entière. Ce sentiment de familiarité et de possession n'est aussi fort nulle part ailleurs.
mercredi 5 mai 2010
Auteur-ité
Il n'y a pas longtemps, il y avait Jean-Jacques. Un homme gentil, mais un peu lent à venir. Il fallait faire preuve de beaucoup de patience pour aboutir à quelque chose! Enfin, au final, il se trouve être divertissant, est si l'on aime son style on peut même prendre un certain plaisir. Le côté misogyne est, finalement, ce qui m'a le plus gêné chez lui. C'est dur de prendre plaisir d'un homme qui vous rabaisse tout le temps quand même!
Et puis, en ce moment, c'est Charles. Un type sympa, poète à ses heures, mais qui a tendance à critiquer beaucoup, ou à valoriser avec passion, ce qui dérange également. Enfin, c'est un homme sensible et éclairé. Mais trop contemplatif. Il met beaucoup d'entrain à produire un effet dépassé pour le moment présent. Pourtant, il a eu beaucoup d'effet sur moi par le passé. Son côté poète me plaisait et m'attirait. Aujourd'hui, je suis un peu désillusionnée!
Beaucoup d'espoirs reposent donc sur Jean-Paul. Il m'a été présenté par un chouette type, avec beaucoup de bonhomie. J'aime le côté satirique dont j'ai tant entendu parler chez lui, et avec qui j'ai pu faire connaissance, parce que j'ai déjà eu une petite aventure avec lui. Ce fut de courte durée, hors de l'ordinaire, et j'en garde un souvenir très agréable! Est-ce que nous vivrons à nouveau une belle idylle, malgré ses mois sans se rencontrer?
Lire un auteur et l'avoir dans la tête à longueur de temps, c'est comme coucher avec un sex-symbole et se demander s'il en vaut vraiment la peine, et pourquoi tant de femmes parlent de lui.
dimanche 25 avril 2010
Concordage
C'est toujours conditionnel, à ceci, à cela, à celui-ci ou à cet autre. Et c'est subjonctif à chacun de nous.
Ça se vit au présent, mais l'influence que notre passé joue dessus est considérable, et notre futur en dépend, après tout.
Cela semble toujours imparfait, alors que notre souhait à tous est de composer au plus que parfait.
Accord du verbe avec son sujet, ou accord de notre verbe sur un sujet?
Accord de gens.
Conjuguer nos efforts pour s'accorder avec le monde.
Accorder une deuxième chance à une terminaison.
Reprendre à zéro pour s'accorder à nouveau.
Abandonner les modes de communication pour prendre le temps, simple ou composé, de parler.
Avoir le temps participe à notre façon d'être.
La concordance des gens devrait pouvoir s'apprendre, elle aussi.
lundi 5 avril 2010
Ha, l'imagination!
Un vent fou... et des nuages à formes!!
Facile de se laisser flotter dans les vapeurs fertiles de l'esprit.
Vous connaissez ces nuages qui se déforment si vite qu'à chaque instant on croit pouvoir y voir représenté quelque chose?
Dans les films ils en font tout un quelque chose!
Et puis il y a toujours ceux qui voient des choses dignes d'une psychanalyse... Je ne fais peut-être pas exception.
Ce jour-là, il ne faisait pas bien beau, et je révisais dans ma chambre. J'ai fini par surtout regarder les nuages passer... Regarder passer... penser et imaginer. Nuage passe. Pensée passe. Passions passées. Penser le passé ou panser le passé. Passage de pensées ou pensée de passage... Jusqu'à ne plus qu'imaginer...
Sourire complètement diabolique... Même pas "pas peur". C'est vrai, on dirait qu'il se réchauffe à la cheminée en fait.
Là, c'est un tyrex qui essaie d'attraper un petit poisson tout mignon (sur la gauche), qui lui échappe, alors il est furax le dyno, parce qu'il a faim! et il crache même de la fumée parce qu'il s'énerve trop!!
Et là, vous voyez le petit dyno qui se fraie un chemin dans ma fenêtre? L'est mimi non?
Et j'ai gardé le plus beau pour la fin (ou la faim, celle qui justifie les moyens)...
Voilà un phénix, qui cherche à attraper une carotte, ou un piment, je ne sais pas trop j'avoue!
Alors, "j'me fais suivre"? ou "j'vais voir quelqu'un"?
vendredi 2 avril 2010
Le vieux
Pantalon à pinces bleu marin, très foncé.
Chaussures noires simples à lacets. Chaussettes noires.
Chemise blanche. Cravate bleu-gris.
Surtout marron foncé.
Lunettes carrées, grandes, aux bordures argentées.
Sourcils fournis, cheveux aussi, avec toutes les teintes du blanc au noir.
Grand front assez ridé.
Des tâches de rousseurs...
... Et après s'être passé les doigts sur la figure, après avoir hésité, il met ses mains dans les poches de chaque côté de son surtout, et il en sort, de la main gauche un paquet de tabac, de la main droit une belle pipe. Tuyau noir ébène, tête marron tacheté.
Il la bourre, et après l'avoir humée, il la range. Pour plus tard.
Vague impression de déjà vu.
mercredi 31 mars 2010
Concordance
Il est des moments dans la vie, où l'on cherche absolument à ne pas penser à ce qu'il nous arrive.
Alors au moment où le dentiste me faisait cette anesthésie, je ne pouvais penser qu'à cela:
"Ça va piquer...maintenant! Ça va piquer maintenant. Vous allez sentir une légère pression, vous sentez? C'est normal. Ça va encore piquer, maintenant..." (Y'en a pour au moins 6 piqures)
Pourquoi diantre vouloir employer un futur (proche, certes) pour exprimer une simultanéité?
Et sinon...
Pourquoi les dentistes ont-ils eu envie de devenir dentistes, alors que personne n'aime les dentistes?
Pourquoi le dentiste fait-il comme si tu étais la première personne à pleurer, alors que tu te doutes que certains font sûrement pire?
Pourquoi a-t-on des dents qui ne poussent pas droit?
Pourquoi les dents de sagesse s'appellent ainsi? (Il me semble évident que si elles ne poussent pas droit chez les 3/4 des gens, c'est qu'elles ne sont pas sages!)
Dans deux semaines, ce sera donc fini: je ne serai plus sage, ne comptez plus là-dessus!
Fini! Nah!
mercredi 24 mars 2010
Communication
-Allô? y'a quelqu'un au bout du fil?
Bah non, puisque y'a pas de fil.
C'est vrai, si nous pouvons encore dire ça aujourd'hui, est-ce que les générations futures pourront toujours le dire? Est-ce que cette expression, dans les éditions (ou ré-édition) de bouquins dans 20ans auront une petite note en bas de page pour dire "expression pour demander s'il y a un interlocuteur à l'appel effectué".
Mais alors, "comment feront-ils pour demander qui est au bout du fil???"
"On demandera plus, on aura l'afficheur" (Margaux)
Implacable!
mardi 23 mars 2010
Ha, Chapeau!
Quand on porte un chapeau, on ne voit pas le monde de la même façon, on n'est plus pareil.
D'abord, on ne voit plus la tête des gens, sauf des petits gens.
Alors on se met à regarder de façon presque anormale les chaussures des gens.Un jour, il faudra que je consacre un article aux chaussures de Paris. Parce que je suis presque sûre que je peux caractériser une personne en voyant ses chaussures, mais j'adore aussi me rendre compte en levant les yeux que j'ai eu tord. "Mama always said, you can tell a lot about a person by their shoes, where they're going, where they've been" (Forrest Gump)
Enfin, tout à coup, les chaussures des gens se distinguent, et prennent une importance ahurissante! Et alors, à l'inverse, j'ai l'impression qu'on ne regarde que ma tête. Celle des autres disparait, le monde est limité par ce rebord rouge devant mes yeux, mais quand je fais en sorte de regarder le monde qui m'entoure, têtes incluses, je me dis chaque fois que ce n'était pas une impression.
Mais il faut dire que les gens regardent beaucoup les chapeaux, avec le regard vague, qui indique que ce chapeau les ramène dans leurs désirs les plus intimes: avoir une tête à chapeau, et posséder un chapeau!
Mais quand même, ils se disent qu'un chapeau rouge, c'est un peu osée... Mais leur regard ne se détache pas, car le regard est vite attiré par les couleurs voyantes.
Car Oui! mon chapeau est rouge, on me l'a offert, me disant que mon cadeau me plairait, puisqu'il est rouge! Et c'est vrai, il me plait!
Je n'ai que deux façons de porter un chapeau qui me plaisent. La première fait assez naturelle, le chapeau légèrement en arrière, cela donne un petit air de cow-girl et incite à garder la tête haute, ce que j'aime bien, je l'avoue. L'inconvénient majeur est que le chapeau a plus de prise en vent ainsi.
Alors, souvent (bah oui, Paris est venteuse!), je joue le jeu, et je porte mon chapeau bas sur le front, légèrement incliné, comme le font les chanteurs de jazz ou de R&B qui se donnent un style. Moi aussi je me donne un style. Veste en jean, jupe ou pantalon, petit pull, boucles d'oreilles, un peu de maquillage. Je regarde les gens de côté ou par dessous mon chapeau.
Je regarde dans le reflet des vitres si mon couvre-chef est bien placé, si mes cheveux ont l'air bien, et je les replace s'il le faut.
Quand on a un chapeau, on ne peut pas faire comme si de rien n'était, on ne peut pas croire qu'on passe inaperçue, on peut se permettre un peu (ou plus) de narcissisme, un peu plus de fierté dans la démarche, dans le regard, dans le ton de voix (bon, moi, j'évite, ça je l'ai naturellement).
Et surtout, quand on a un chapeau, on n'est responsable d'une certaine classe, parce ne porte pas de chapeau qui veut, et qui en porte doit le bien porter!
note personnelle: se rappeler de ne plus jamais lire un bouquin qui parle des africains en portant mon chapeau... un seul attribut pour se faire remarquer à la fois.
dimanche 21 mars 2010
Charmante
Est-ce que les hommes savent encore ce que ça veut dire, "charmante"?
Est-ce qu'ils sont conscients que si ça rime avec "bandante", ça ne peut pas le remplacer juste par bienséance?
Est-ce que les gens savent que ça vient de "charmer", donc de "charme", donc de "carmen", qui est un chant séducteur, qui a quelque chose de magique?
Est-ce que quand un homme dit "je vous trouve vraiment charmante", il pense vraiment que je suis envoutante, ou que je ne peux pas comprendre qu'il s'est tout à coup senti des envies?
Est-ce que je suis vraiment sensée croire qu'un homme veut faire "juste connaissance", sans que ce soit "bibliquement"?
Si c'était le cas (donc une simple connaissance, parce que, éventuellement (c'est possible), il rechercherait un relation durable, et non un coup d'un soir), je doute qu'il répondrait "mais je suis libre ce soir et demain" à mon "je suis en vacances ici, je m'en vais dans deux semaines" (vive l'accent québécois!).
J'aimerais qu'un homme utilise un autre mot que ça pour m'aborder, ou qu'il me montre qu'il l'entend au sens propre, et qu'il ne cherche donc pas à "faire connaissance", car si je suis charmante, ce serait bête de rompre le charme.
ps: pour ceux qui se le demanderaient, c'était un blanc cette fois, qui avait l'âge d'être mon père. au moins.
jeudi 18 mars 2010
Compagnon
Il me regarde depuis plusieurs semaines du coin de ma chambre, dans l'ombre, là bas. À l'endroit où le toit rejoint les murs. Je l'y ai lancé. Non pas que je le voulais loin de moi, au contraire! Mais il fallait que nous soyons suffisamment séparés pour que je puisse l'oublier un peu. Pour que je puisse me concentrer sur ce que j'ai à faire. Pourtant, mon dos ne rêve que de sentir son poids. Mes épaules aspirent à sentir les courbatures naître de le transporter. Mes pieds veulent sentir cette masse les enfoncer dans la terre. Mes jambes veulent sentir l'effort de le soutenir.
Car je le veux bien rempli, bien lourd.
Alors, pour qu'il ne soit pas trop fâché quand j'aurai besoin de lui, je lui fais les yeux doux certains soirs. Parfois, je le porte presque vide, juste pour le sentir, comme pour une répétition à demi costumée, lorsqu'un comédien ne met que les accessoires importants de son habit.
Je lui raconte les endroits où je l'amènerai s'il m'est fidèle, s'il tient le coup. Il sait que je ne serai pas tendre avec lui, mais il sait que je l'ai choisi pour cela, parce qu'il est résistant. Il est prêt à vivre l'imprévu, à affronter l'inconnu.
Et comme mon sac, je veux que mes souvenirs pèsent plus tard.
Parce que l'aventure, ça se transporte.
Parce que la liberté a un poids malgré tout ce qu'on croit.
lundi 15 mars 2010
Infernal
Après avoir lu l'Enfer de Dante,
Après avoir relu la descente aux enfers d'Énée dans Virgile,
Après avoir re-relu la visite d'Ulysse à Perséphone...
Oui, c'est sûr, après que je connaisse maintenant si bien les enfers dans leurs plus belles représentations...
Et, évidemment, après avoir décortiqué des passages de Dante sous tous les angles possibles pour arriver à éclaircir le style complètement obscur de cet auteur (et/ou du traducteur?)...
Maintenant, si un homme me disait qu'il veut me faire monter au paradis, j'y verrai une allusion dantesque...
C'est infernal, à proprement parler!
lundi 8 mars 2010
Ô naturel
Rencontre dans la cage d'escalier, lui monte, je m'apprête à descendre lorsque je le vois:
-Bonjour Monsieur!-Ha! Bonjour Mademoiselle! Non non, ne montez pas!
-Bah, vous, ne descendez pas, puisque je monte déjà!
-Comment allez-vous? Vous êtes plus belle que jamais.
-Ha bon? En jean et vieux pull de ma mère? Haha! Bah merci!
-(regard amusé) Ça se fait, ça? Les pulls de la mère?
-Chez nous, oui! Enfin moi je le fais! (grand sourire)
-Et comment allez-vous?
-Très bien, je vous remercie!
-Oui, vous avez l'air (commence à remonter), vous avez l'air (grand sourire)!
Faudra qu'on m'explique pourquoi ce compliment, le jour où j'ai les mêmes affaires qu'hier (dodo chez le tonton), deux pulls l'un sur l'autre, un jean un peu taché, le jour où j'ai mis mes lunettes, sans maquillage, que je ne me suis pas coiffée et que je n'ai même pas de boucles d'oreilles!
Ou alors c'est un homme qui aime la beauté la plus naturelle...
Adieu, fards, jupes, talons, parures...?
Non... quand même pas! :-D
vendredi 5 mars 2010
mercredi 24 février 2010
Un jour (pas) comme les autres
Une journée normale, qui n'est qu'un jour parmi les autres de l'année. Pourtant quand on se réveille, on sait que cette journée est sensée être un peu différente.
Il pleut, comme tant d'autres jours de l'année. Mais c'est la première fois qu'il pleut aussi fort depuis que la neige a cessé.
Il fait plus doux. Ce Jour, pour moi, coïncide souvent avec une senteur de printemps assez agréable. De toutes façons, quel que soit le temps, quel que soit la façon dont la journée se présente, nous sommes convaincus, au fond de nous, qu'elle finira bien. Elle DOIT bien finir, sinon elle n'a pas d'intérêt à être.
Pourtant, la journée commence comme les autres. Je court pour attraper son train, je va être en retard à son cours. Je est fatiguée, et aurait voulu rester chez elle.
Pourtant, elle se prend à sourire en regardant les gens courir. Elle décide que malgré la pluie, malgré le risque grandissant de rater le dernier train qui la mettrait juste quelques minutes en retard au cours, elle ne courra pas, elle prendra son temps, alors elle ralentit le pas. Aujourd'hui, elle a le droit.
Durant la journée, Je se fond dans la masse, comme les autres jours, peut-être même plus que les autres jours. Une pensée narcissique la pousse à se dire que personne ne pourra savoir que c'est son anniversaire, sauf si d'autres le disent, ce qu'elle aimerait bien, mais soyons réalistes, quand même.
Ce jour, elle laissera son mobile en vibreur, elle le regardera bien plus souvent que d'habitude, et elle aura chaque fois un petit sourire quand elle verra un nouveau message arrivé.
Ce jour, elle pensera à ce qu'elle a fait cette année passée. Et l'année est encore passée, trop vite, bien trop vite. Mais au moins, depuis un bon nombre de mois, elle s'amuse, elle profite. Alors elle sourit encore, parce qu'elle peut être fière d'elle, tout de même.
Pendant la journée, elle pensera à elle, à ce qui lui ferait plaisir pour le diner, à ce qu'elle voudrait dans l'année à venir, à comment sera la journée avec les amis. Pour le diner, le menu est choisi, il ne reste qu'à cuisiner, et c'est les mains dans la pâte à crumble, ou en éminçant les champignons, qu'elle réfléchira sur l'année à venir, aux voyages qu'elle veut faire, aux moments où elle pourrait les planifier... Elle pense aussi à son retour près de ses soeurs, près de sa famille, de ses amis qu'elle ne voit presque plus depuis 3ans. Elle pense alors à ceux qu'elle ne verra presque plus pendant toutes les années à venir. Pourquoi encore cet océan? Pourquoi ces kilomètres? Mais elle a fait son choix. Elle rentrera. Pour un temps. Mais elle repartira. Elle ne sait pas quand, ni où, mais il faudra qu'elle reparte. Elle en rêve.
Elle pense qu'avoir 21 ans, c'est encore avoir la vie devant soi. Mais quand on regarde en arrière, quand on voit que ces quatre dernières années sont passées vite, si vite... Alors la vie risque d'être courte. Trop courte pour tout faire, tout voir, c'est certain.
Elle sourit en pensent qu'elle n'a jamais aimé faire des choix. Petite, elle ne voulait pas dormir pour ne pas rater un évènement, elle ne pouvait pas choisir entre une activité ou une autre. À 21 ans, le problème est toujours là, mais elle peut raisonner, choisir, décider de ce qu'elle préfèrerait parmi tout cela. Le choix est toujours difficile par contre, et classer toutes les envies par priorités... c'est faire des sacrifices vraiment difficiles!
Le repas a l'air réussi, le dessert semble succulent, l'oncle est arrivé avec des roses et un gros bisous. Les autres sont arrivés, ils sont passés à table. Elle a parfaitement tout dosé, un peu léger peut-être, mais au moins ce n'était pas trop. La conversation lui a rappelé que les gens sont toujours les mêmes, malgré que ce soit notre anniversaire, les sujets sont les mêmes, les gens ne sont pas différents, leurs idéaux n'ont pas de raison de changer. Alors Je prend plaisir à ce que les gens aiment le repas, et à ce qu'ils soient venus pour elle. Simplement.
En fin de soirée, après que tout le monde soit parti, elle a pris le temps d'aller lire tous les messages qu'elle a reçus, elle a encore souri de voir qu'il y a des gens qui pensent à elle, et que ce sont des gens à qui elle pense, que tous ces gens-là comptent pour elle. Il y en a d'autres qui comptent, et qui n'y ont pas pensé, mais elle n'y peut rien, cela fait un vide, mais elle n'atténuera pas à cause de ceci la beauté de ceux qui sont là, qui y pense. Elle oubliera elle aussi.
Elle a appelé un ami avant de se coucher.
Elle s'est couchée le sourire aux lèvres, le merci au coeur.
Le futur l'appelle.
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