mercredi 3 mars 2010

L'Étrangère

Seule blanche dans le RER aujourd'hui.

Entre Afrique et Asie (serais-je le Moyen-Orient?!).
D'un côté du wagon, derrière moi, une troupe de touristes asiatiques. On se croirait... bah à Paris, station Champ de Mars - Tour Eiffel! Ha, ça tombe bien, on y est!
De l'autre côté, en face de moi, il n'y a absolument que des Noirs. Trois femmes en boubous, 2 vendeurs de Tour Eiffel, une femme avec un enfant, et un homme seul. Ce dernier est particulièrement bel homme d'ailleurs.
Pourquoi est-ce que dès que je lève les yeux vers lui il a déjà les yeux sur moi, c'est injuste, ça m'empêche de le regarder vraiment!
Il me regarde écrire apparemment, il n'est pas très loin et il pourrait, en se penchant, deviner si j'écris mon numéro ou si j'écris tout court. Vous avez la réponse, vous.

Bon, je crois que c'est décidé, à partir d'aujourd'hui, je commence la compilation des "coups d'œil dans le métro". Je fais collection. Juste des coups d'œil!

Dodo l'enfant do

Il y avait deux hommes sur le quai de la station Ledru-Rollin hier, j'étais vraiment sûre qu'ils étaient complètement défoncés, drogués ou enivrés, tellement ils avaient l'air au ralenti.
Ça m'a fait rire d'ailleurs, parce qu'ils se sont arrêtés à mon niveau, mais beaucoup trop proches pour la "normale". Vous savez, d'habitudes, les gens s'étalent sur le quai, et laissent une distance "de sécurité" entre eux et les autres. Ils ne commencent à se coller que lorsque le métro arrive et que les portes vont s'ouvrir. Mais ces deux hommes ce sont arrêtés près de moi, vraiment près. Ils ne m'ont même pas calculée, je ne devais pas leur paraître si proche.

Enfin, une fois assis dans le métro, je me suis rendu compte que ce n'était pas de substances inconnues qu'ils étaient ivres, mais bien de fatigue. L'un s'endormait en piquant du nez, réveillé toutes les minutes par les coups de coudes de son compagnon qui lui parlait sans arrêt pour se garder réveillé, et probablement essayer de garder l'autre de même!
J'aurais aimé savoir ce qu'avait été leur journée pour qu'ils soient dans cet état là... Ou leurs dernières journées, peut-être?
Je les ai laissés à Invalides, ils ont pris la ligne 13. J'espère qu'ils ne se sont pas réveillés ce matin dans un wagon!

mercredi 24 février 2010

Un jour (pas) comme les autres

Une journée normale, qui n'est qu'un jour parmi les autres de l'année. Pourtant quand on se réveille, on sait que cette journée est sensée être un peu différente.

Il pleut, comme tant d'autres jours de l'année. Mais c'est la première fois qu'il pleut aussi fort depuis que la neige a cessé.
Il fait plus doux. Ce Jour, pour moi, coïncide souvent avec une senteur de printemps assez agréable. De toutes façons, quel que soit le temps, quel que soit la façon dont la journée se présente, nous sommes convaincus, au fond de nous, qu'elle finira bien. Elle DOIT bien finir, sinon elle n'a pas d'intérêt à être.

Pourtant, la journée commence comme les autres. Je court pour attraper son train, je va être en retard à son cours. Je est fatiguée, et aurait voulu rester chez elle.

Pourtant, elle se prend à sourire en regardant les gens courir. Elle décide que malgré la pluie, malgré le risque grandissant de rater le dernier train qui la mettrait juste quelques minutes en retard au cours, elle ne courra pas, elle prendra son temps, alors elle ralentit le pas. Aujourd'hui, elle a le droit.

Durant la journée, Je se fond dans la masse, comme les autres jours, peut-être même plus que les autres jours. Une pensée narcissique la pousse à se dire que personne ne pourra savoir que c'est son anniversaire, sauf si d'autres le disent, ce qu'elle aimerait bien, mais soyons réalistes, quand même.
Ce jour, elle laissera son mobile en vibreur, elle le regardera bien plus souvent que d'habitude, et elle aura chaque fois un petit sourire quand elle verra un nouveau message arrivé.
Ce jour, elle pensera à ce qu'elle a fait cette année passée. Et l'année est encore passée, trop vite, bien trop vite. Mais au moins, depuis un bon nombre de mois, elle s'amuse, elle profite. Alors elle sourit encore, parce qu'elle peut être fière d'elle, tout de même.

Pendant la journée, elle pensera à elle, à ce qui lui ferait plaisir pour le diner, à ce qu'elle voudrait dans l'année à venir, à comment sera la journée avec les amis. Pour le diner, le menu est choisi, il ne reste qu'à cuisiner, et c'est les mains dans la pâte à crumble, ou en éminçant les champignons, qu'elle réfléchira sur l'année à venir, aux voyages qu'elle veut faire, aux moments où elle pourrait les planifier... Elle pense aussi à son retour près de ses soeurs, près de sa famille, de ses amis qu'elle ne voit presque plus depuis 3ans. Elle pense alors à ceux qu'elle ne verra presque plus pendant toutes les années à venir. Pourquoi encore cet océan? Pourquoi ces kilomètres? Mais elle a fait son choix. Elle rentrera. Pour un temps. Mais elle repartira. Elle ne sait pas quand, ni où, mais il faudra qu'elle reparte. Elle en rêve.

Elle pense qu'avoir 21 ans, c'est encore avoir la vie devant soi. Mais quand on regarde en arrière, quand on voit que ces quatre dernières années sont passées vite, si vite... Alors la vie risque d'être courte. Trop courte pour tout faire, tout voir, c'est certain.

Elle sourit en pensent qu'elle n'a jamais aimé faire des choix. Petite, elle ne voulait pas dormir pour ne pas rater un évènement, elle ne pouvait pas choisir entre une activité ou une autre. À 21 ans, le problème est toujours là, mais elle peut raisonner, choisir, décider de ce qu'elle préfèrerait parmi tout cela. Le choix est toujours difficile par contre, et classer toutes les envies par priorités... c'est faire des sacrifices vraiment difficiles!

Le repas a l'air réussi, le dessert semble succulent, l'oncle est arrivé avec des roses et un gros bisous. Les autres sont arrivés, ils sont passés à table. Elle a parfaitement tout dosé, un peu léger peut-être, mais au moins ce n'était pas trop. La conversation lui a rappelé que les gens sont toujours les mêmes, malgré que ce soit notre anniversaire, les sujets sont les mêmes, les gens ne sont pas différents, leurs idéaux n'ont pas de raison de changer. Alors Je prend plaisir à ce que les gens aiment le repas, et à ce qu'ils soient venus pour elle. Simplement.

En fin de soirée, après que tout le monde soit parti, elle a pris le temps d'aller lire tous les messages qu'elle a reçus, elle a encore souri de voir qu'il y a des gens qui pensent à elle, et que ce sont des gens à qui elle pense, que tous ces gens-là comptent pour elle. Il y en a d'autres qui comptent, et qui n'y ont pas pensé, mais elle n'y peut rien, cela fait un vide, mais elle n'atténuera pas à cause de ceci la beauté de ceux qui sont là, qui y pense. Elle oubliera elle aussi.

Elle a appelé un ami avant de se coucher.
Elle s'est couchée le sourire aux lèvres, le merci au coeur.
Le futur l'appelle.

lundi 22 février 2010

regards croisés

Échange de regards. Sourires. Mais sourires comme si on souriait pour autre chose.
Loin. Éloignés. Inconnu. Reconnu.
Chacun de son côté, on tourne la tête régulièrement pour croiser le regard de l'autre. Conforter l'impression que l'Autre "aussi". Différence, sans indifférence. Différencié parmi la foule des autres. Autre distingue Moi, alors que Moi a distingué Autre. Petits frissons. Sourire. Curiosité. On partagera seulement cela. Et nos regards. Le sourire se fait plus franc, jusqu'à un rire un peu nerveux. Et comme l'Autre agit de même, on rit encore un peu plus.
On se regarde pour de vrai, on ne fait plus semblant que cette direction est naturelle pour nos yeux. On sourit pour de vrai aussi.
On ne se parlera pas, chacun montera dans le train dans un wagon différent, non sans s'être jeté un dernier sourire, comme on envoie un regard.
Le bonheur était simplement là. Avoir été "vue". Ne pas être passée inaperçue toute la journée.

mercredi 17 février 2010

Prendre le bus en groupe

Le chauffeur écoute radio Nostalgie depuis le départ.

Mais si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu'à perdre haleine
Viens me retrouver
Si tu crois un jour que tu m'aimes
Et si ce jour-là tu as de la peine
A trouver où tous ces chemins te mènent
Viens me retrouver

Les voyages organisés, c'est pas mon truc. Mais en tant qu'accompagnateur, ça va! On a certains avantages... L'autorité d'abord! Et puis quand y'a des truc en rab' on en profite...

And here’ to you, Mrs. Robinson
Jesus loves you more than you will know-ow-ow-ow
God bless you, please Mrs. Robinson
Heaven holds a place for those who pray-hey-hey-hey

Faut dire qu'il y a des gens qui s'inscrivent à des voyages organisés, mais qui voudraient faire les trucs comme ils veulent... Donc y'a les embêtant qui veulent changer les activités d'ordre... Pas possible, désolée, on a des réservations! Et puis il y a ceux qui disent qu'ils vont dans un autre hôtel, qu'ils nous retrouvent le lendemain au RDV. Bon, ça nous a fait une chambre de plus, donc nous deux, bénévoles, avions chacune la notre, pas si mal..!
Et voilà, nous rentrons. Le week-end s'est bien passé si on prend en compte qu'il n'a pas plu, que nous avons vu des choses superbes, que nous avons eu des guides extra, et nos 55 moutons ont été d'une ponctualité remarquable!

Eddy Mitchell sort un nouvel album

C'est sans compter qu'il a fait en dessous de zéro tout le temps, et gris... ha non, pardon, il faut beau depuis que nous sommes rentrés dans le bus pour le retour sur Paris... les boules! Mais sinon, c'était chouette!
Sylvie dort, mes écouteurs et ma musique dans les oreilles. Alors j'écoute toujours Nostalgie.
Je souris en écoutant cette musique qu'on peut définitivement appeler "ringarde" à cause du rythme à la batterie typique d'une époque révolue, d'un chanteur qui a une voix passe-partout, du synthé, important le synthé, qui fait une petite musique de fond, qui accompagne bien le refrain!

Ce soir je serai la plus belle pour aller danser...

Être né quelque part, c'est partir quand on veut, revenir quand on part...

Je suis inquiète, ceci dit... J'explique:
Le chauffeur, Vincent, une cinquantaine d'années, connait toutes les chansons. Ça se voit au rythme qu'il marque bien précisément. Il les connait toutes. Sauf que moi aussi! Bon, sauf deux ou trois, ce qui me rassure vaguement... Ce qui m'inquiète le plus, c'est que quand j'ai raconté ça à la maison, qu'on s'est mis à chanter d'autres chansons, que j'aime, que je connais... par cœur, il y en a un certain nombre que je connais mieux que ma tante, voir que je connais tout court, alors qu'elle ne les connait pas!

C'est grave docteur?