jeudi 13 octobre 2011

Son de saison

On dit souvent "ça sent l'automne"...
Cette odeur particulière de feuilles mortes, de poussière, de chaleur mêlée au vent frais...

Mais avez-vous remarqué que ça sonne l'automne, aussi?
Seule dans le parc, il fait nuit. Comme odeur, il n'y a que cette fraicheur vivifiante, ce vent régulier et sec qui joue dans les cheveux, mais qui n'apporte pas vraiment d'odeur. La terre s'est endormie, déjà, et ne révèle plus d'odeur, à cette heure.
Cependant, l'herbe est couverte de feuilles sèches, le vent fait chanter les feuilles des arbres, comme des instruments des toutes tailles... des percussions, au rythme des pas, de petites et de grandes flutes, selon la volonté du vent.
Divine orchestration dans cette nuit sans bruits citadins.

Je me sens aux premières loges d'une fantastique symphonie des saisons. Le troisième mouvement est à son apogée.
J'écoute la musique envoutante de douceur, harmonie parfaite aux tons évoluant selon l'orientation du zéphyr.

Alors je chante... Doucement...
Je ne sais plus quoi, tout et rien, je fredonne, je sonne, je me joins à la symphonie...


lundi 10 octobre 2011

Été - Automne - (Hiver)

On avait sorti les pulls, parce qu'il commençait à faire sérieusement "frette", on avait fait une croix sur l'été, déjà rangé les sandales, un peu triste, parce que ça finit toujours trop tôt, que l'hiver arrive toujours trop vite, mais bon, résigné, on était prêt à attendre l'été prochain.
On a choppé un rhume, parce que ce vent sournois est arrivé trop vite, et que le cerveau n'a pas encore eu le temps de penser "foulard" avant de sortir le matin. On s'est mouché avec allégresse pendant quatre jours, courant après les camarades de classes qui ont des mouchoirs, ou se rabattant sur du papier toilette, parce que quatre jours de rhume, c'est pas encore assez pour penser "mouchoirs" en partant le matin. On a reniflé avec grâce dans l'autobus, parce que, entre la maison et les cours, on n'ose pas trop demander des mouchoirs aux voisins, et ça manque de papier toilette dans les bus.
On a réappris à s'habiller chaudement, parce que les journées sont définitivement humides et froides, on a donc ressorti le manteau d'automne (le Rouge! il faut voir le bon côté!) pour ne pas faire d'hypothermie en rentrant de cours. On a sorti les bottes en cuir, parce que, sous la pluie glaciale, les petons réclament autre chose que des ballerines.
Et puis on a eu trop chaud, parce que le soleil est revenu, que les températures sont remontées, mais qu'on n'ose toujours pas sortir sans le collant sous la jupe et le pull sous le manteau.

On a remis des ballerines le jour où il a recommencé à faire froid.

Mais on a ressorti le vélo, en sachant qu'il faut en profiter...
On a pris des photos des arbres plein de couleurs...

On sait que l'été indien est venu, reparti, qu'il n'y a plus de barrière avant l'hiver.

Automne rouge

Autome jaune

vendredi 23 septembre 2011

Maquillage

J'aime pas les femmes qui se maquillent dans les transports.
Plutôt, ce n'est pas les personnes qui le font, c'est l'acte lui-même et l'image qu'il donne de ces femmes.
Alors, disons que je n'aime pas le fait de se maquiller dans les transports. Mais syntaxiquement, ça peut vouloir dire que je le fais, alors que je ne le fais pas puisque je n'aime pas cette image.
Je ne le fais pas, parce que ces femmes, durant ces instants, que je considère intimes, qu'elles étalent au public qui n'a rien demandé, elles dégagent un quelque chose de très négatif pour moi.
Un quelque chose de "je suis une femme si moderne, si occupée, si courante-partout que je n'ai même pas eu le temps de faire ça devant mon miroir, chez moi, tranquille sans les oops-le-nid-de-poule ou le attention-feu-rouge."
Un quelque chose de "j'ai tellement besoin de me sentir belle, j'ai tellement peur que mon grain de peau-pas-exactement-photoshopé-comme-dans-un-magasine, que je ressens le besoin irrépressible de me repoudrer le nez, les joues, le front et le menton 23 fois et demie par jour." (le "et demi", c'est quand elle a été interrompue par son cellulaire en ayant fait que les joues et le front).
Un quelque chose de "j'aime tellement que les gens me regardent que j'ai développé au cours de ma vie différentes techniques pour attirer l'attention des gens, et c'est celle-là qui fonctionne le mieux: se recoiffer dans le reflet de la vitre, c'est trop éphémère."
Un quelque chose de "regarde bien, ma p'tite, tout ce que j'ai sorti de mon sac pour me refaire une pas-beauté, là, tu vois toutes ces marques célèbres qui défilent, tu vois que c'est ton épicerie du mois pour ta famille de cinq enfants qui vient de passer sous tes yeux"

Moi, je ris quand le highliner dérape.
Toujours.

mercredi 21 septembre 2011

Vengeance sociale

Mme X entre dans le bus et s’assoit vers le fond, à son habitude. Elle jette un œil aux trois jeunes filles, anticipant déjà de se sentir dérangée par leur rire, leurs moqueries. Mme X a ses écouteurs, elle monte un peu le son et se concentre sur son texte à lire pour le soir. Ça devrait aller. Deux dames montent à l’arrêt suivant, Mme A s’assoit tout au fond, Mme Z plus en avant. Mme X l’a vu parce qu’elle a levé les yeux de son texte pour réfléchir 3 secondes. Un groupe de garçons montent à l’arrêt d’après. Mme X l’a vu parce que leur remue-ménage est perceptible par tous les pores de sa peau, plus simplement par l’ouïe. Je ne peux pas les appeler des jeunes hommes : contrairement aux jeunes femmes qui gloussent, mais qui respectent les gens qui les entourent, ces garçons commencent, dès qu’ils sont assis, de manière répartie dans le fond du bus, une partie de « je te lance la boule de papier le plus fort possible ». Mme A détourne les yeux, regarde dehors, fait mine de ne pas être dérangée. Mme Z ne dit rien, mais plisse des lèvres. Cependant, quand la boule de papier lui arrive dessus, elle la prend et ne la rend pas. Petite leçon de morale que Mme X ne peut pas entendre, elle a toujours ses écouteurs, elle essaie de se concentrer sur son texte. En vain. Les garçons se moquent outrageusement de cette petite leçon. Le monde leur appartient, à quoi sert la morale, ils sont jeunes, ils sont forts, ils ne craignent rien. Mme X sent sont cœur s’accélérer, son âme se révolter de la puérilité de leur attitude. Mme X aimerait être de ces grands sages qui en imposent par leur présence, ont toujours le bon mot à dire et savent assagir les plus débiles.  Mme Z essaie encore de leur faire comprendre l’irrespect de la situation. Cette fois les garçons ne se cachent plus pour rire d’elle. L’un d’eux a fini sa boisson et tend le verre en plastique à la dame : « vous voulez le tenir aussi? Vous faites bien la poubelle! » (Mme X a entendu, parce que sous le coup de la colère, elle a enlevé ses écouteurs pour suivre la conversation, elle rumine encore, ne sachant pas quoi dire) Mme A accorde un regard à la scène, détourne les yeux. Mme Z a le regard blasé, lassé, elle leur fait remarquer qu’ils sont vraiment bas dans son estime. Le garçon dépose son verre par terre. Mme X explose : « souvenez-vous bien de ce moment, rappelez-vous de chaque instant, et maudit que j’aimerais être là dans 10 ans quand vous vous rendrez compte de votre stupidité ». Les garçons rient. Pour l’instant, ils se trouvent bien drôles, alors ça les fera rire plus tard. Pensent-ils. Le bus arrive au terminus. Le groupe sort en laissant le verre par terre, Mme X interpelle le dernier : « ramasse-le, s’il te plait ». Regard vague, haussement d’épaule, il continue son chemin. Mme X est prise d’une sorte de rage vengeresse. Elle ramasse le gobelet, ne sachant sur le coup pas trop qu’en faire. Elle marche vite, et repère celui qui l’a ignorée. Non, il n’est pas responsable du gobelet à terre, seulement d’être imbécile, et non incivique. Petit regard mi-inquiet, mi-amusé de l’intéressé. Il ne comprend pas pourquoi les gens ramassent les détritus des autres quand des gens sont payés à le faire. Mme X rattrape le véritable incivique, celui qui rit des gens sans honte, qui se laisse trainer. Le geste se fait tout seul, mais Mme X ne fait rien pour le retenir. Le verre se retrouve retourné et écrasé sur la tête chevelue de l’impertinent. « Le respect que tu montres aux autres, c’est le respect que tu mérites. Et c’est ça que tu montres aux autres ». Mme X n’a même pas noté le visage de l’agressé, ni d’aucun de ses amis, elle sait qu’il a ri, qu’il a touché ses cheveux. Elle a continué son chemin, elle se souvient d’avoir entendu le bruit de quelqu’un qui crache. Sur elle? Elle ne le sait pas. Elle se souvient du rire des autres du groupe, de ses jambes et de ses mains tremblantes en descendant l’escalator, de son cœur battant à un rythme fou. Elle se souvient s’être dit « s’il m’a craché dessus, il n’a même pas osé me le faire en face, il a attendu que j’aie le dos tourné. Lâche. »

lundi 14 mars 2011

Bobo

Elle a glissé.
C'est bête. Sa jambe droite est partie en avant sur une fine couche de glace. Elle s'est retrouvée sur le genou gauche, à l'endroit où il y a plein de gravier, et son genou a un peu glissé, entraîné par l'autre jambe, alors il a râpé contre les graviers.
Comme quand on joue petit dans la cour d'école.
Elle porte un collant, et elle le voit tout éraflé au genou, mouillé. Elle ne pense qu'à une chose d'abord: attraper son bus malgré tout. Alors elle se relève et elle se dépêche.
Une fois dans le bus, au chaud, elle a une autre pensée: c'était son dernier collant sans trou, elle va devoir aller en racheter un. Elle regarde tristement les trous de son collant et remarque enfin le sang. Pas de douleur, non, le sol froid, le choc l'ont probablement insensibilisé, mais tout à coup, comme une pointe de larme dans l'œil qu'elle réprime en pensant que vraiment, vouloir pleurer que parce qu'on voit le sang, c'est trop bébé.
Elle sait ce dont elle a envie.
Elle voudrait un bisou magique sur le genou et du mercurochrome.

Elle sort des mouchoirs pour éponger le sang et l'eau. Ceux avec des cœurs imprimés dessus qu'une amie (pas n'importe laquelle) lui a offerts. Ça réconforte comme ça peu!