Sans prendre en compte le facteur vent.
Un collant sous le pantalon. Un sous pull, en plus du pull, en plus du t-shirt à manches longues. Deux paires de chaussettes et une tuque.
Un des rares moments où je m'habille autant, je vous l'assure, mais quand on voit la météo annoncer de tels chiffres... Précautions obligent!
Dehors il fait grand beau!
Marcher au soleil. Cela donne une sensation très agréable au corps (celle de geler moins vite), mais un peu moins aux yeux (lunettes de soleil pour les sensibles).
La respiration devient compliquée: le nez couvert par une écharpe pour le pas que celui-ci gèle (il a déjà tendance à avoir froid trop vite...), l'air se rend difficilement aux poumons, ou en quantité trop restreinte. Mais baisser le foulard, c'est respirer un air glacial. On garde le foulard. Ou on respire par la bouche, avec le foulard, mais en formant une sorte d’ovale avec les lèvres, comme pour capter l'air indirectement, qu'il se chauffe dans la bouche.
Cela provoque évidemment une dose de buée importante. Celle-ci se coince dans les cils... et gèle entre chaque respiration, surtout si par hasard un coup de vent se fait sentir.
C'est drôle! Du moins, jusqu'à ce que le fait de cligner des yeux devienne un autre mouvement compliqué. Et c'est joli, car le reflet du soleil dedans donne l'impression d'avoir de petits diamants accrochés aux yeux, classe! Du coup, on hésite à sortir les mains de la chaleur des poches pour s'essuyer les yeux, alors que tout ce processus va reprendre si vite...
À cette température, c'est aussi le son de la neige qui crisse sous les pas. Son sec et aigu. Ce son seul permet de savoir qu'il froid. Très froid.
Et puis, -23°, c'est aussi environ 40° de différence avec la température dans le métro. Ce qui veut dire crever de chaud ou se déshabiller en y entrant. Personnellement: 2ème option!
Mais l'air est sec, et l’électricité statique vite créée. Quand j'enlève mon foulard, alors qu'il frôle mes oreilles, c'est avec mes écouteurs que le phénomène est particulièrement désagréable: comme une décharge électrique dans les tympans. Aouch!
Quand j'enlève ma tuque, c'est mes cheveux presque au complet qui se dressent ou se collent à mon visage.
Et quand je touche quelqu'un par mégarde... C'est le choc!
vendredi 4 février 2011
vendredi 28 janvier 2011
Bulldog
Il a de grandes oreilles décollées qui retombent de toute leur lourdeur.
Il a les joues flasques d'un homme qui a minci trop et trop vite, retombant sur une bouche dont les commissures ont une légère tendance à s'affaisser elles aussi, entraînées qu'elles sont par les joues. La lèvre inférieure plus grosse que sa comparse, qui semble d'ailleurs l'avaler en permanence tant elle prend de la place.
De petits yeux noirs et très peu de sourcils, mais ils sont froncés, méchants. Des lunettes rondes qui rapetissent les yeux.
Du gris sur presque tout le visage, comme de la barbe envahissante, mais mal rasée. Le reste est à l'ombre d'une casquette, donc gris de toutes façons.
Il n'a pas l'air commode en tous cas.
Il a les joues flasques d'un homme qui a minci trop et trop vite, retombant sur une bouche dont les commissures ont une légère tendance à s'affaisser elles aussi, entraînées qu'elles sont par les joues. La lèvre inférieure plus grosse que sa comparse, qui semble d'ailleurs l'avaler en permanence tant elle prend de la place.
De petits yeux noirs et très peu de sourcils, mais ils sont froncés, méchants. Des lunettes rondes qui rapetissent les yeux.
Du gris sur presque tout le visage, comme de la barbe envahissante, mais mal rasée. Le reste est à l'ombre d'une casquette, donc gris de toutes façons.
Il n'a pas l'air commode en tous cas.
samedi 15 janvier 2011
Drague
De l'autre côté de la fenêtre de notre wagon, dans le wagon suivant, il salue la fille qui est assise juste à côté de cette fenêtre.
Lui, pingouin noir. Elle, échasse noire à sacoche, mais visiblement pas intéressée par le bandana qui lui sourit. Non, c'est sûr, le sourcil levé et les lèvres moqueuses confirment le désintérêt quasi total. Elle détourne la tête pour en finir avec les grimaces charmeuses. Nos regards se croisent. Mon sourire amusé la fait rire, nous rions ensemble.
Elle n'est peut-être pas si "a sacoche" que cela (mais elle reste une échasse).
Il est retourné s’asseoir près de ses amis plus loin dans le wagon. Sans rancune M. Pingouin, hein?
Lui, pingouin noir. Elle, échasse noire à sacoche, mais visiblement pas intéressée par le bandana qui lui sourit. Non, c'est sûr, le sourcil levé et les lèvres moqueuses confirment le désintérêt quasi total. Elle détourne la tête pour en finir avec les grimaces charmeuses. Nos regards se croisent. Mon sourire amusé la fait rire, nous rions ensemble.
Elle n'est peut-être pas si "a sacoche" que cela (mais elle reste une échasse).
Il est retourné s’asseoir près de ses amis plus loin dans le wagon. Sans rancune M. Pingouin, hein?
dimanche 2 janvier 2011
Tableau
Des vêtements étalés par terre et sur un banc.
Un sac poubelle vert bouteille, un sac réutilisable à sa droite. Des deux sortent quelques vêtements, une peluche et quelque objet, comme vomis, recrachés de ses sacs ouverts au sol de la station de métro.
Un manteau marron sous tout ce bardas.
Une grosse peluche blanche de forme impossible sur le banc au dessus du sac réutilisable.
Une bouteille de cidre à l'arrière, à droite, dont dépasse le goulot de cette colline de tissus.
Au dessus de la bouteille, sur le banc, un beau verre à vin, à moitié plein (ou vide) de la boisson.
À côté du verre, un paquet de cigarette ouvert, vide, et un stylo.
Pas de propriétaire en vue, ni homme ni femme qui semble couver ces biens du regard de près ou de loin.
Que des spectateurs de ce tableau insolite.
Et des questions, visibles dans le regard des gens.
vendredi 26 novembre 2010
Touchée
Signes de mains à travers la vitre du métro. Deux grands sourires qui articulent "merci". Quatre yeux qui pétillent. Avec les miens cela fait six. Je leur renvoie un signe de la main.
Un merci chaleureux, sincère et émouvant. Énormément de bonheur pour un geste très simple, c'est toujours ce qui me donne envie de recommencer.
Démesure de la reconnaissance pour une place dans le métro.
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